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Une lettre pour Laye : Retour à la barre pour Lookman

Cher Wambi,

Dans sa livraison du lundi 20 novembre 2017, le journal de ton oncle Nakibeuogo titrait à sa page 7 : « La justice militaire régularise la situation de Guelwaré.»  Un titre un brin ironique sur une question qui l’est moins, je dois le reconnaître, mais dont le choix se justifie amplement. En effet, c’était convaincu de ressortir libre avec sa cliente, Minata Guelwaré, puisque c’est d’elle qu’il s’agit ici, que Me Paul Kéré s’était présenté vendredi dernier devant la Chambre de contrôle du tribunal militaire de Ouagadougou. C’est que l’avocat avait obtenu une copie de l’arrêt du 28 avril 2016 de la Cour de cassation annulant tous les mandats d’arrêt contre toutes les personnes poursuivies dans le cadre du putsch manqué du 16 septembre 2015. Parmi elles, « Dame Guelwaré », dont le dossier judiciaire était uniquement fondé sur ledit mandat, selon Me Kéré.

 

Mais quelle ne fut la surprise de ce dernier de voir le parquet brandir un nouveau mandat d’arrêt, postérieur à celui qui a été annulé pour vice de forme. Donc une manière pour le tribunal militaire de se conformer à la procédure judiciaire, à savoir « régulariser » la situation de Guelwaré, qui séjourne « irrégulièrement » à la MACO depuis le 13 octobre.

Eh bien sache, cher cousin, que le processus de régularisation se poursuit.

En effet, de sources bien introduites, celle qui passe pour une protégée de Fatou Diendéré a été entendue le 22 novembre 2017 par la Chambre de contrôle, elle qui n’avait pas été entendue par le magistrat instructeur. Cette audition fait suite au nouveau mandat d’arrêt international dont elle a pris connaissance le vendredi dernier. Toujours selon les mêmes sources, Dame Guelwaré a purement et simplement rejeté tous les faits qui lui sont reprochés, à savoir « Complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat », « Complicité d’association de malfaiteurs », « Complicité de dégradation aggravée de biens », « Complicité d’actes de terrorisme et de meurtre consécutivement au coup d’Etat du 16 septembre 2015 ». Autant de chefs d’inculpation fondés sur le témoignage de l’adjudant-chef Moussa Nébié, dit Rambo, de l’ex-RSP, extradé depuis février 2016 de la Côte d’Ivoire où il avait trouvé refuge après le putsch manqué. Ce dernier aurait affirmé, au cours de son audition, avoir aperçu, deux jours après le coup de force, Minata Guelwaré au palais de Kosyam, où elle était venue rencontrer des militaires.

Elle aurait également, au cours d’un échange téléphonique avec le même « Rambo », donné des renseignements sur la progression des forces loyalistes en mouvement vers la capitale.

 

Cher Wambi, si rien n’est fait davantage pour rassurer les populations du Sahel, en proie aux excursions terroristes répétées, cette partie du territoire national finira par devenir une localité fantôme. Après l’exode des fonctionnaires de Djibo l’année dernière suite aux exactions d’individus non identifiés, c’est aujourd’hui le tour du village d’Ariel, dans la commune de Nassoumbou, de se vider de ses habitants.

En effet, depuis que des hommes armés y ont enlevé dimanche dernier deux personnes avant de sommer le reste de la population de quitter les lieux dans les cinq jours qui suivent, c’est le sauve-qui-peut.

Avant même l’expiration de l’ultimatum mercredi passé, par colonnes entières, les villageois désertaient les lieux pour d’autres contrées, parfois en territoire malien. Ceux qui sont encore sur place le sont par résignation, ne sachant où se rendre.

Selon certaines sources locales, les groupes terroristes en voudraient aux populations pour leur collaboration avec les FDS, qui ont réussi la semaine dernière à neutraliser plusieurs de leurs membres.

En tous les cas, quelle que soit la raison de ce harcèlement, il est impératif que la puissance publique bande un peu plus les muscles et redonne aux populations le sentiment de sécurité. Sinon, c’est toute la région du Sahel qui risque d’échapper à tout contrôle.

 

Cher cousin, comme tu l’as sans doute déjà appris, c’est le lundi 27 novembre 2017 que le président français, Emmanuel Macron, arrive à Ouagadougou pour un séjour de 48 heures qui le conduira ensuite à Abidjan et à Accra. Une visite qui cause des insomnies aux autorités burkinabè non seulement pour des raisons évidentes de sécurité, mais aussi parce que c’est un drôle de comité d’accueil que les Burkinabè veulent réserver à leur illustre hôte.

C’est peu dire en effet, cher cousin, que ce déplacement n’est pas du goût d’une frange de la population, notamment celle estudiantine. Outre l’inauguration mercredi de la centrale solaire de Zaghtouli, le grand chef blanc doit, rappelons-le, prononcer mardi devant un millier d’étudiants à l’université de Ouaga une importante allocution censée être son discours d’orientation sur la politique africaine de la France ; obligeant, de ce fait, son homologue à devenir depuis quelques semaines un chef de chantier qui va régulièrement voir si le site prévu accueillir le locataire de l’Elysée est prêt.

Et c’est ça qui est la cause du courroux des pensionnaires de Zogona, car, rappellent-ils, il a fallu que le coq gaulois s’annonce pour que Roch Marc Christian Kaboré se souvienne qu’il y a un campus à Ouaga et daigne s’y rendre alors que ça fait bientôt deux ans qu’il a emménagé à Kosyam. Ils ne veulent donc pas de lui dans ce temple du savoir, pas plus que de son étranger. Même rejet pour des organisations de la société civile qui accusent la France de tous les péchés du Burkina, voire de l’Afrique entière, et qui appellent les populations à manifester le long de l’itinéraire présidentiel, où ils trouveront à coup sûr les forces de défense et de sécurité sur leur chemin.

Ajoutes-y la demande d’extradition de François Compaoré, brièvement interpellé il y a quelques semaines à Paris dans le cadre de l’Affaire Norbert-Zongo, et l’on comprendra que le passage du jeune chef d’Etat de 39 s’annonce mouvementé. Soit dit en passant, cher Wambi, j’apprends de La Lettre du continent que, contrairement à ce qui avait été arrêté dans un premier temps, Macron ne va pas installer ses pénates à Sopatel Silmandé avec vue sur le barrage, mais plutôt à la Résidence de France. Pour des raisons de sécurité ?

 

Cher Wambi, de sources dignes de foi, j’ai appris que les six hauts magistrats de la commission d’enquête du CSM ont fait appel de la décision du Tribunal de grande instance de Ouagadougou dans le procès qui les opposait à notre confrère Lookman Sawadogo, directeur de publication du journal « Le Soir ». Le Canard avait dans un article, paru au mois d’avril, évoqué l’existence d’un « gros poisson » dans cette commission, parlant d’un des membres contre qui une plainte était déposée par un citoyen pour des faits de corruption supposée. Pour cette information qui s’est avérée juste, l’accusé s’était vu coller un procès et la somme de 60 millions de FCFA à payer en guise de dommages et intérêts.

En rappel, cher cousin, dans le procès qui avait fait beaucoup de bruit entre juillet et août derniers, le tribunal avait débouté les plaignants et décidé de la relaxe du journaliste pour «doute» quant à la plainte pour diffamation déposée par les hauts magistrats. Non satisfaits donc du verdict, les requérants auraient interjeté appel en date du 24 août, à la surprise générale.

C’est donc en principe aujourd’hui, vendredi 24 novembre, que le procès en appel doit avoir lieu du côté de Ouaga 2000. Seul hic cependant, trois des six hauts magistrats siègent à la Cour d’appel, dont son président, le procureur général Laurent Poda, lui-même partie au procès.

Depuis la publication de ses conclusions par certains confrères, la commission du CSM essuie des tirs nourris avec la remise en cause de son rapport par certains magistrats épinglés comme Ibrahima Nana, Moussa Sory et Palakwindé Ted Rodrigue Bilgho.

En effet, dans leurs écrits que le journal de ton oncle Nakibeuogo a publiés en exclusivité, ces derniers n’ont pas manqué de faire certaines révélations fracassantes et jeté le linge sale sur la place publique. On se souvient qu’un des contestataires avait déclaré qu’au lieu d’un  « gros poisson », ainsi que l’avait révélé Lookman Sawadogo, il existait au moins deux « gros requins » dans cette commission d’enquête. Il est même allé jusqu’à demander la traduction du président de ladite commission devant le conseil de discipline.

Je reste dans cette affaire du CSM pour t’informer que lundi prochain, c’est au tour du directeur de publication du journal Mutations, Touwendinda Zongo, de comparaître devant la justice, précisément le Tribunal de grande instance de Ouaga.

Le procès fait suite à une plainte pour diffamation du magistrat Ervé Daboné dont le nom est ressorti dans le n° 135 du 15 au 31 octobre 2017 de Mutations, à la page 12, dans un article intitulé : « Liberté provisoire de Djibrill Bassolé : un juge récidiviste à la manette ? »

Le magistrat, qui figure parmi les 37 juges épinglés par la Commission du CSM, réclame à notre confrère la somme de 20 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.

 

A présent, cher Wambi, je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

-Le mardi 21 novembre dernier, l’affaire Ousmane Guiro contre l’Etat burkinabè a été instruite devant la Cour de justice de la CEDEAO. En initiant cette procédure, l’ancien directeur général des Douanes voulait protester contre la décision du 30 avril 2014 où il avait été reconnu coupable de corruption passive, d’enrichissement illicite, de blanchiment d’argent et de possession illégale d’armes. L’intéressé soutenait qu’il a été empêché de déposer des documents, en raison du mauvais fonctionnement du greffe de la Cour d’appel. C’est la raison pour laquelle il avait demandé à la Cour de déclarer qu’il ne pouvait bénéficier d’un procès équitable et à la présomption d’innocence et qu’il devrait, de ce fait, être jugé conformément aux principes internationaux. Cette juridiction sous-régionale, qui vient de statuer, a déclaré la plainte de l’ex-DG recevable en la forme mais l’a jugée non fondée. Le requérant a donc été débouté, lui qui voulait «être rétabli dans ses droits».

En rappel, le 20 juin 2015, l’ancien responsable des Douanes a été reconnu coupable de corruption passive. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement de deux ans assortie de sursis et au paiement de 10 millions de francs CFA comme amende. A ces sanctions s’ajoute la confiscation d’une partie des objets saisis à hauteur de 900 millions de francs CFA. Ousmane Guiro avait été limogé de son poste le 2 janvier 2012, quelques jours après la découverte chez un de ses proches de cantines contenant près de deux milliards de francs CFA et des objets de valeur.

 

-La campagne agricole céréalière de l’année qui s’achève est en deçà des résultats attendus. En effet, sur 5,2 millions de tonnes de céréales attendues au début de la saison pluvieuse, la production céréalière prévisionnelle est aujourd’hui estimée à 4 552 273 tonnes, soit une baisse de 0,32% et de 1,01% respectivement par rapport à l’année précédente et à la moyenne des cinq (5) dernières années. Les facteurs du déficit, selon les responsables du ministère de l’Agriculture et de l’Aménagement hydraulique, se résument aux poches de sécheresse, à l’arrêt précoce des pluies, aux attaques des nuisibles tels que les chenilles légionnaires, les oiseaux granivores. Des mesures diligentes sont envisagées puisque, lors du Conseil des ministres du 22 novembre 2017, le ministre en charge du dossier a été instruit de prendre les dispositions nécessaires, de concert avec les partenaires intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, en vue d’apporter une réponse adéquate aux déficits constatés dans les différentes régions.

 

-Toutes les filles et tous les fils de la province de Sanmatenga vous ouvrent les portes des merveilles de leur région du jeudi 23 au dimanche 26 novembre courant au Jardin « La belle verdure » de Tanghin à Ouagadougou. Cette deuxième édition du Festival Sanmatenga est placée sous le haut patronage de Siméon Sawadogo, ministre de l’Administration territoriale, la présidence du député Rasmané Daniel Sawadogo et le parrainage de Zambendé Théodore Sawadogo, ancien député.

Au menu : des activités culturelles et sportives, des séances de parenté à plaisanterie, des expositions de produits artisanaux de la région, etc. Amateurs des brochettes au koura-koura et des articles en cuir, voilà une belle occasion à saisir.

 

-1967-2017. Cela fait exactement 50 ans que la paroisse Saint-Camille de Dag-Noë a ouvert ses portes dans notre pays. A l’occasion de cet événement, une messe d’action de grâce, marquant la clôture du jubilé d’or de la paroisse Saint-Camille, sera célébrée demain samedi 25 novembre à partir de 10 heures.

Demain samedi, la Société des auteurs des gens de l’écrit et des savoirs (SAGES) organisera une cérémonie d’hommage à l’écrivain Augustin Sondé Coulibaly de 11 heures à 12 heures à la place de la Nation. Cette commémoration intervient dans le cadre de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO).

Toujours samedi, le Centre national des archives abritera à partir de 10 heures une cérémonie de dédicace du livre de Jean-Hubert Bazié, dont le titre est : « L’après-Sankara. De la contre-révolution à la répression au Burkina-Témoignages. »

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

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