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Opposition RDC:S’ils sont même incapables de signer une déclaration commune !

Ils n’ont donc encore rien compris, les pauvres ! Ils semblent ignorer ce dicton selon lequel l’union fait la force et oublier que, s’ils cheminent en rangs dispersés et se ruinent dans d’interminables querelles de clocher, leur entreprise est vouée à l’échec. Trois jours après la publication du calendrier électoral qui fixe la date des élections générales (présidentielle, législatives et provinciales) au 23 décembre 2018, l’opposition congolaise a officiellement réagi solidairement à cet agenda mais… chacun de son côté.

Le Rassemblement, le Mouvement de libération du Congo (MLC)  et l’Union pour la nation congolaise (UNC) avaient en effet promis de diffuser une déclaration commune mais 48 heures de discussions oiseuses ne leur auront pas permis d’accorder leurs violons ou plutôt leurs stylos. Au finish, chacune des composantes a donc publié le même écrit dans son petit coin.

On aurait encore compris cette attitude s’il y avait une différence de fond entre ces formations politiques mais non, ce sont exactement les mêmes  termes qu’on retrouve dans les trois communiqués clones : le rejet du calendrier de la Commission électorale qui semble être tout sauf  indépendante ; l’exigence d’un scrutin d’ici juin 2018 qui est bien possible et, enfin, le départ de Joseph Kabila Kabengué au plus tard le 31 décembre …2017, soit dans moins de deux mois.

Cette cacophonie en dit suffisamment long sur les problèmes de personnes, cette guerre des ego souvent surdimensionnés qui minent l’opposition congolaise, régulièrement  incapable  d’actions unitaires comme tenir ensemble de simples conférences de presse alors que la haine commune qu’elle voue au locataire du Palais de la Nation devrait être le ciment de son mouvement. 

D’un côté, des militants du Rassemblement qui ne voulaient pas voir la précieuse signature de Vital Kamerhe, président de l’UNC, au bas de cet écrit de la discorde parce qu’il ne serait pas favorable au départ de Mobutu light  (JA dixit), de l’autre des partisans du MLC et de l’UNC qui, à leur tour, accusent Félix Tshishekedi et Moïse Katombi de se hâter lentement.  On se suspecte donc à qui mieux mieux sur fond de querelles picrocholines et de divisions fratricides, fragilisant ainsi toute l’opposition au grand bonheur de petit Kabila qui n’en demandait déjà pas tant pour régner indûment. Et qui peut sans doute dormir tranquille avec ce comportement à la limite irresponsable de ses contempteurs qui ne parviendront certainement pas de cette façon à le déboulonner.   

Car si même pour un petit  laïus, autant dire le minimum syndical, les Tshishekedi, Katumbi, Kamerhe, Babala Wandu  et compagnie ne sont pas capables de mettre en sourdine leurs différences d’approche, ce n’est certainement pas sous les ordres de tels généraux que les Congolais vont monter aux barricades pour déloger le hors-la-loi de Kinshasa dont le mandat a expiré, rappelons-le, depuis le 19 décembre 2016 ; il y a donc bientôt un an et le voilà qui vient de bénéficier de nouveau d’un lenga (1) d’une année.

Ce qui se passe en RDC est en fait le lot commun de nombre de pays africains, frappés par cette maladie infantile des oppositions qu’est la division et que seules quelques-unes, à l’image de celles du Burkina ou de la Gambie, ont pu conjurer pour venir à bout des régimes de Blaise Compaoré et de Yahya Jammeh. Qu’on se le dise, qu’on soit à Kin-la-belle ou à Lomé, à Libreville, à Brazzaville, à Malabo, à N’Djamena,  à Yaoundé, à Kampala ou que savons-nous encore, ceux qui sont épris de démocratie vraie, de liberté et de justice parviendront difficilement à chasser les autocrates qui les enserrent  s’ils ne mutualisent pas leurs moyens et s’ils ne se serrent pas les coudes. Et ça commence par des déclarations communes.   

 

Ousseni Ilboudo

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Second tour de la présidentielle libérienne : La finale se jouera en différé

La finale n’aura donc pas lieu aujourd’hui ; elle se jouera en différé à une date non encore déterminée. La veille du second tour de la présidentielle libérienne qui devait opposer George Weah au vice-président sortant, Joseph Boakai, la Cour suprême a en effet décidé de suspendre le processus électoral. C’est la conséquence de sa saisine par Charles Brumskine, le candidat du parti de la liberté, qui, avec 9,6% des suffrages exprimés, devait être le principal faiseur de rois. Mais celui qui est arrivé troisième lors de la manche éliminatoire n’a cessé, depuis, de dénoncer d’importantes fraudes et irrégularités ayant entaché la sincérité du scrutin.

En estimant que de sérieuses enquêtes sur ces allégations étaient la condition sine qua non pour tenir le second round et que le duel au sommet ne pourrait avoir lieu tant que les soupçons n’auraient pas été dissipés, les grands juges donnent quelque peu raison au plaignant. Les deux qualifiés vont donc devoir attendre, en particulier l’ancien Ballon d’or africain, qui était parvenu à dribbler ses adversaires pour se hisser à la tête de la phase qualificative avec 39% des voix. Voilà donc la Commission électorale nationale (NEC) sommée de produire des réponses convaincantes au plus tard le 22 novembre. Ce report serait alors le moindre mal par rapport à un second tour qui allait déboucher sur des contestations parce que les résultats n’auraient pas été acceptés par tous.

A moins que les locataires du « Temple of justice » suivent le requérant Brumskine dans toutes ses prétentions en ordonnant une remise à plat total de l’élection, autrement dit l’annulation pure et simple des résultats provisoires du premier tour. On s’acheminerait alors vers un syndrome kényan, où la Cour suprême, présidée par le désormais célèbre David Maraga, avait invalidé l’élection présidentielle qui donnait vainqueur le président sortant,  Uhuru  Kenyatta.

Il faut espérer qu’au Liberia on ne débouchera sur le même bordel organisationnel qui a entouré la reprise des élections au pays de Jomo Kenyatta, où les différents acteurs politiques ont pinaillé jusqu’à la porte des bureaux de vote et où une bonne partie des électeurs n’avaient d’ailleurs pas pu se rendre aux urnes pour des raisons d’insécurité.

Ce qu’il faut souhaiter également, c’est que ces turbulences politiques ne remettent pas en cause la fragile paix sociale qui doit encore être consolidée. Le Liberia reste en effet un malade encore convalescent qui sort à peine d’une effroyable guerre civile qui a fait, entre 1989 et 2003, quelque 150 000 morts.

Autant dire que l’impératif de paix doit être le souci majeur des différents acteurs politiques, qui devront tout faire pour tenir leurs troupes et se garder de déclarations incendiaires. Personne, dans tous les cas, qu’il s’agisse de George Weah,  de Joseph Boakai, de Charles Brumskine ou de Prince Johnson, n’a intérêt que le pays replonge dans le chaos.

La situation au pays d’Ellen Johnson Sirleaf est suffisamment volatile pour que l’UA et la CEDEAO, qu’on accuse souvent de jouer les médecins après la mort, prennent les devants. Une fois n’est pas coutume, elles ont dépêché la semaine dernière une mission de très haut niveau à Monrovia, conduite par les présidents en exercice  des deux institutions, respectivement le Guinéen Alpha Condé et le Togolais Faure Gnassingbé, pour s’entretenir avec les principaux acteurs de cette crise qui est en train de se nouer et appeler au sens de la responsabilité et à la retenue. Au moins, on ne pourrait pas dire, si ça devait dégénérer, qu’elles ont croisé les bras, attendant que l’incendie se déclare pour ensuite jouer les pompiers. Mais on n’en est pas encore là et les Libériens ont été tellement traumatisés par les blessures récentes de leur histoire que personne n’osera sans doute allumer l’étincelle.

 

Hugues Richard Sama

 

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