Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Le Sénégal expulse le polémiste "antifranc CFA" Kémi Séba

Béninoise Kémi Séba, qui avait brûlé publiquement le mois dernier un billet de 5.000 francs CFA (7,6 euros) pour protester contre la "Françafrique", a fait l'objet mercredi d'une décision d'expulsion du Sénégal pour "menace grave pour l'ordre public", a annoncé le ministère de l'Intérieur.

"Le gouvernement de la République du Sénégal a prononcé une mesure d'expulsion du territoire national sénégalais à l'encontre du ressortissant franco-béninois Stélio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba", dont la "présence sur le territoire national constitue une menace grave pour l'ordre public", selon un communiqué.

En savoir plus...

Commission électorale kényane : 45 jours pour convaincre

Ce sera donc le 17 octobre. Ainsi en a décidé la commission électorale kényane qui a choisi cette date pour la reprise de l’élection présidentielle du 8 août dont les résultats ont été invalidés en dernier ressort par la Cour suprême alors que l’instance électorale avait donné le président sortant vainqueur par 54,27% des voix contre 44,74% à son challenger et qu’en chœur les observateurs avaient donné leur blanc-seing à ce scrutin.

On ne finira donc pas d’épiloguer sur le courage historique du juge David Maraga et de ses collègues de la haute juridiction qui détonne dans une Afrique où la justice se retrouve bien souvent au service de l’exécutif. Ainsi l’examen des contentieux électoraux par les sages se termine invariablement par cette formule devenue proverbiale à force d’être rabâchée : « …les insuffisances et les irrégularités constatées çà et là ne sont pas de nature à entacher la régularité du scrutin » et même quand l’évidence saute aux yeux comme ce fut le cas au Gabon où Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle, qui se trouve être la belle-mère du président Ali Bongo Ondimba, n’a pas hésité à poser son sceau d’authenticité sur un hold-up électoral pourtant flagrant.

L’exemple kényan montre à souhait que l’indépendance de la justice est avant tout une question de courage personnel des juges qui doivent la conquérir chaque jour parce qu’elle ne sera jamais offerte par un code de bonne conduite ou tout autre texte plus ou moins contraignant.

Maintenant que la date de ce second tour qui ne veut pas dire son nom est connue, il faut espérer que les 45 prochains jours seront mis à profit pour combler les insuffisances qui ont été à l’origine de l’annulation comme le bourrage d’urnes, des irrégularités dans le décompte et surtout le piratage informatique des données de la commission. Alors, même si le pays a échappé à la flambée de violences qui au lendemain du scrutin semblait inévitable, la prochaine battle se jouera selon d’autres règles. Et en attendant ce round décisif, chacun des protagonistes de ce duel présidentiel se défoule sur son propre punchingball.

Le président Uhuru Kenyatta a vertement critiqué l’attitude des juges de la Cour suprême, promettant de se « pencher sur le problème » après les élections, ou plutôt dès qu’il sera réélu. Son adversaire, Raila Ondinga, candidat de la Superalliance nationale, préfère, quant à lui, tirer à boulets rouges sur la commission électorale qui, à ses yeux, est désormais disqualifiée pour arbitrer l’impitoyable bataille qui s’annonce. On peut en effet s’interroger sur l’équité de ces commissaires qui ont décidé de fermer les yeux sur ce qui leur pendait pourtant au nez. Pour autant, balayer toute l’équipe de Wafula Chebukati et la remplacer au pied levé risquent fort d’entraîner un chaos électoral pire que le précédent. Peut-être faut-il maintenir la même équipe en espérant que le désaveu des sages fouettera l’orgueil des commissaires et qu’ils puiseront à cette occasion les ressources nécessaires pour enfin acheter une conduite.

 

Marie Ouédraogo

En savoir plus...