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Une lettre pour Laye : Quand les koglwéogo sévissent à Saint-Léon

Cher Wambi,

T’informer qu’hier, jeudi 25 mai, les chrétiens du monde entier ont célébré l’Ascension serait comme prêcher à un converti. Cette commémoration de la montée de Jésus Christ au ciel, quarante jours après sa résurrection, donne lieu à un jour férié dans de nombreux pays dont le Burkina Faso. Alors, si dans la présente lettre je ne fais pas cas des relevés pluviométriques de la semaine écoulée, c’est tout simplement parce que mes collaborateurs de l’ASECNA qui me fournissent régulièrement le bulletin hebdomadaire observent ce jour de repos. N’empêche, à entendre certains colporteurs qui écument les marchés des villages environnants et même d’ailleurs, la flotte est tombée ces derniers jours dans plusieurs localités du pays. Preuve s’il en était que la saison humide est de retour.

 

Cela dit, cher cousin, je reviens sur cette affaire de services payés de la police et dont je t’en ai fait cas dans ma précédente lettre. Suite à la colère des subalternes contre la dîme prélevée par la hiérarchie, les conclusions des enquêtes ont étalé sur la place publique la part importante du gâteau qui revenait à certains chefs. Abus dans la gestion d’une manne financière générée par les missions de sécurisation de lieux privés comme les banques, les assurances, les hôtels et les sites miniers.

Je ne saurai te le dire exactement puisque le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, a annoncé, à titre provisoire, la suspension de ces prélèvements de la discorde, sans autres formes de précisions.

Mais ce que j’ai appris, l’affaire pourrait connaître une suite judiciaire et ce serait le tribunal civil qui pourrait se saisir du dossier.

Pourquoi cette juridiction civile et non le tribunal militaire ? Selon ma source, c’est parce que, même si les faits ont eu lieu en casernes, ils ne relèvent cependant pas de la compétence du juge militaire, la police étant considérée comme un corps paramilitaire.  

Affaire donc à suivre…

 

Cher Wambi, depuis le mardi 23 mai, une décision de liberté sous caution a été prononcée en faveur du P-DG de la cimenterie du Faso (CimFaso), Inoussa Kanazoé. L’homme d’affaires ainsi que cinq de ses collaborateurs avaient été interpelés mi-avril puis placés sous mandat de dépôt pour des affaires présumées de faux et usage de faux en écritures, fraude fiscale, blanchiment de capitaux et bien d’autres faits.

Jusqu’à la semaine dernière encore, le richissime opérateur économique était en clinique où il a été admis le soir même de son interpellation à la gendarmerie. Il a regagné donc son domicile mercredi dernier, c’est-à-dire le lendemain de cette décision de justice.

Et sache, cher cousin, que lorsqu’on parle de liberté sous caution, cela signifie qu’en échange, la personne qui en est bénéficiaire a déposé une garantie, souvent une somme d’argent, appelée caution dans le jargon judiciaire. Cette caution permet de s’assurer que l’inculpé, bien que libre de ses mouvements, se présentera à toutes les audiences auxquelles il sera convoqué.

Dans le cas d’Inoussa Kanazoé, j’ai appris que la somme s’élève, tiens-toi bien, à 700 millions de francs CFA, soit 100 millions comme caution de représentation et les 600 autres briques au titre de la caution de frais. La liberté, même provisoire, étant individuelle, seul le P-DG de CimFaso en jouit présentement dans cette affaire. Ce qui veut dire que ses cinq coaccusés restent encore sous les liens de la détention préventive en attendant le procès.

 

Minata Guelwaré ! Ce nom te dit-il quelque chose, cher Wambi ? Au cas où ça ne te dirait rien, alors sache qu’il s’agit de cette dame membre du bureau politique du CDP qui était sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans le putsch du 16 septembre 2015.

Proche de Fatou Diendéré, elle avait alors trouvé refuge en Côte d’Ivoire. Une fois son mandat d’arrêt annulé par la cour de cassation, de même que ceux de seize autres prévenus, Minata Guelwaré a regagné le pays en décembre 2016. Mais actuellement, elle serait dans le collimateur des fins limiers de la République.

En effet, depuis quelques jours, sa sœur recevrait de nombreux coups de fil de gendarmes, ou de personnes se présentant comme telles, à la recherche de renseignements.

« Connaissez-vous Aminata Guelwaré ? », « Est-ce qu’elle fume », « s’adonne-t-elle à la drogue ? », seraient, entre autres, les questions posées à la jeune fille qui répondait invariablement : « Je n’en sais rien ».

 

Cher Wambi, je t’invite à présent à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

- L’artiste-musicienne Adja Divine n’aurait-elle pas dit la vérité sur les raisons qui l’ont poussée à vouloir éviter la police le jour de son agression par la foule qui l’accusait de vol de bébés ?

On se rappelle que la chanteuse a invoqué le défaut d’assurance pour justifier son intention de ne pas être contrôlée par les policiers. Mais selon des sources qui ont eu accès aux documents de son véhicule à la police, l’argument ne tiendrait pas la route. En effet, elle serait en règle vis-à-vis des textes, puisque, assure la même source, sa police d’assurance court jusqu’au 15 juin 2017 et sa visite technique jusqu’au 27 octobre 2017. Elle est également détentrice d’un permis « en bonne et due forme », précise-t-on.

 

- En 2010 le Burkina Faso a adhéré au réseau mondial de l’information juridique dénommé Global legal information network (GLIN) qui est la plus grande collection au monde de documents juridiques et judiciaires de plus de soixante pays et dont le siège est logé à la Bibliothèque du Congrès américain.

Par la suite, l’Etat a sollicité auprès de la Banque mondiale, un financement à hauteur de 196 787 100 FCFA dans le cadre du PACDE II coordonné par la Maison de l’entreprise, pour l’installation d’une station GLIN-Burkina.

Le Département des Technologies de l’Information et de la Communication (DTIC) du secrétariat général du gouvernement et du Conseil des ministres (GG-CM) a été désigné pour accueillir le système «GLIN-Burkina» et son premier responsable désigné pour conduire la mise en œuvre du projet.

Installée en février 2014, la station GLIN-Burkina va bénéficier en 2016 de crédits spécifiques de trente-deux (32) millions alloués par l’Etat. Mais pas le moindre kopeck n’est tombé dans l’escarcelle de la jeune structure. Le responsable s’en ouvre alors au secrétaire général du gouvernement pour comprendre davantage. Une attitude qui n'a guère été appréciée en haut lieu. Il décide alors d'écrire à la même autorité, à travers une première lettre d’interpellation le 9 mars 2017 qui est restée sans suite puis une deuxième le 27 avril 2017 dans laquelle il demande la saisine de l’ASCE/LC et de l’Inspection générale des Finances pour faire la lumière sur l’utilisation des crédits et situer les responsabilités sur ce qui ressemble à un détournement de fonds. Mais mal lui en prendra. Il a été purement et simplement relevé de ses fonctions par le Conseil des ministres du 10 mai 2017.

 

- Grogne couvée au ministère de la Culture, en l’occurrence à l’Inafac (Institut national de formation artistique et culturelle), où les enseignants, surtout les vacataires, peinent à avoir régulièrement leurs salaires pour des motifs qui ne tiennent pas la route selon eux. En effet, jusqu’à ce jeudi 25 mai ils n’avaient pas encore perçu leur dû d’avril, c’est le cœur meurtri qu’ils assistent à d’interminables missions de l’un des directeurs généraux qui déclarerait pourtant que les caisses sont vides ; un lanceur de peaux de banane à l’endroit du ministre Tahirou Barry qui, de manière unanime, bénéficie d’une forte sympathie auprès du personnel de l’institution ? La preuve, cette rencontre que d’aucuns qualifient d’inédite avec certains responsables de l’institut le lundi 22 courant. Vivement donc que les choses soient clarifiées pour ne pas freiner cet élan que tentent de redonner responsables et agents à la maison.

 

- Pendant que l’on s’interroge encore sur ce qui s’est passé à Tialgo dans le Sanguié la semaine dernière, où le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, a interdit toute activité des koglwéogo et même dans les provinces du Sanguié et du Boulkiemdé, on apprend que «les justiciers de la brousse» étaient à… Ouagadougou. En pleine capitale.

En effet mardi dernier, des membres de ces groupes d’autodéfense ont fait une descente musclée au quartier Saint-Léon pour y arrêter, manu militari bien sûr, un suspect dans une affaire de vol de tricycle. Tout est parti donc de la disparition de l’engin, propriété d’un habitant du quartier. Celui-ci se serait rendu chez un de ses voisins réputés être un spécialiste des affaires louches, pour lui demander de l’aider à retrouver son engin. Bien sûr, ce service est payant, puisque l’infortuné aurait remis de l’argent à son enquêteur qui lui a promis de retrouver son bien. Plusieurs jours étant passés sans que le propriétaire du tricycle volé n’ait de nouvelles, il décida alors de recourir aux services des koglwéogo qui sont allés mardi dernier pour arrêter le prétendu détective qui est donc devenu suspect à cause de son «incompétence à retrouver l’engin». La horde d’éléments du groupe d’autodéfense a fait usage d’armes à feu, tirant en l’air. Semant ainsi la panique dans tout le quartier avant de repartir avec leur « prisonnier » qui sera relâché plus tard. Que ce serait-il passé si les habitants de Saint-Léon s’étaient opposés à l’arrestation d’un des leurs ? On se souvient encore des affrontements qu’il y avait eu à Zongo (quartier périphérique à l’ouest de la capitale) par suite d’une intervention musclée de koglwéogo contre un résident.

 

- Du rififi lors de l’inauguration le mardi 23 mai 2017 de la 7e mosquée de Dabaré, village du Dr Ablassé Ouédraogo, président du parti ‘’Le Faso Autrement’’. Le donateur de cette infrastructure n’est autre que le Larlé Naaba Tigré connu pour ses actes de solidarité en faveur des populations. Si ce don est à saluer à sa juste valeur, la cérémonie de réception officielle de la mosquée s’est déroulée dans des conditions plutôt houleuses. Serait-ce à cause du choix de la date qui aurait été « imposée », certains habitants ayant demandé le report à une date ultérieure ?  

En tout cas, à ce qu’on dit, la bénédiction de ce lieu de culte, dédié à la prière du soir, a été faite sous bonne escorte de la gendarmerie par le grand imam de Ouagadougou, El hadj Aboubacar Sana.  

 

- Grandes retrouvailles ce samedi 27 mai à Larlé à l’occasion de la fête naabasga du Naaba Boolbo de Kassiri qui aura lieu dans la cour royale. Cette célébration coutumière sera la deuxième du genre du chef intronisé le 14 juillet 2015.

 

- Toujours ce samedi 27 mai, se tiendra la naabasga du Nemnd naaba Ritaam II, ministre du Moogho Naaba, en sa résidence sise à Kamboinsin. A cette occasion, un lunch sera offert à partir de 13 heures.

 

- Ce week-end, sera organisée la deuxième édition de la journée du Bendré. A cet effet, un grand dassandaga aura lieu à Gounghin sur la rue du 3e âge suivi d’un spectacle d’instruments traditionnels. Le lendemain dimanche, après la grande parade dans la ville de Ouaga, un autre spectacle, dénommé « parole des Benda » se tiendra à l’Atelier théâtre burkinabè.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

Commentaires   

0 #1 Cédric 27-05-2017 07:37
Le ministre de la sécurité avait bel et bien fait savoir dès le départ, que le gouvernement n’impose nulle part des Koglwéogo.Il a précisé qu’il s’agit de structures locales non étatiques qui choisissent délibérément d’assurer la sécurité de proximité pour les citoyens. Le rôle du gouvernement se limite à un encadrement de ces structures pour qu’elles n’agissent pas en dehors de la loi et des principes républicains des droits humains .C’est ainsi que beaucoup de Koglwéogo ont abandonné les sévices corporels contre les présumés voleurs et bandits qu’ils appréhendaient. Ceux qui agissent contrairement à ces principes républicains doivent répondre de leurs actes.
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