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Elections au Kenya : Les jours les plus longs s’annoncent

C’est maintenant que le plus dur commence, les 20 millions d’électeurs ayant joué leur partition. Ils sont allés hier massivement, la veille même pour beaucoup, glisser dans l’urne les six bulletins de vote pour élire leur président, leurs députés, leurs gouverneurs et leurs conseillers municipaux. Reste maintenant aux responsables politiques à jouer le jeu démocratique, en particulier le président sortant, Uhuru Kenyatta, et son challengeur de l’opposition, Raila Odinga de la coalition NASA qui, à 72 ans, brigue la magistrature suprême pour la quatrième fois.

 

Le pays retient donc son souffle, hanté par les fantômes de 2007, où, après l’annonce de la victoire de Mwai Kibaki, de violentes manifestations aux relents ethno-régionalistes avaient éclaté, occasionnant un millier de morts et 500 000 déplacés. Un épisode sanglant encore traumatisant de nos jours qui avait d’ailleurs valu à Uhuru Kenyatta et à son vice-président, William Ruto, d’être dans le collimateur de la Cour pénale internationale avant que les poursuites soient finalement abandonnées.

Autant dire que les jours à venir s’annoncent tendus d’autant plus que la proclamation des résultats traînera. Il faudra surtout éviter le syndrome de la dernière élection présidentielle en 2013 où le retard dans le dépouillement des bulletins avait fait naître toutes sortes de suspicions sur la sincérité du verdict des urnes.

Le climat postélectoral dépendra donc en grande partie de l’efficacité du nouveau système électronique d’identification des électeurs et de transmission des résultats par le biais des fameuses tablettes KIEMS. Seulement voilà, un quart des bureaux de vote n’a pas accès à internet. Ce qui a obligé la commission électorale à trouver un plan B dont on espère qu’il va pallier cette défaillance. Et comme si cela ne suffisait pas, il fallait, en plus, qu’une semaine avant le scrutin, Christ Msando, le directeur du pôle technique de la commission, l’un des meilleurs experts nationaux dans son domaine, soit assassiné dans des circonstances non encore élucidées. Ce qui avait contribué à plomber davantage une dernière semaine de campagne émaillée de violences et amené les autorités à mobiliser 105 000 agents de sécurité pour la tenue du scrutin.

Dans ces conditions, le verdict des urnes sera-t-il accepté par tous, ainsi que le plus illustre des "Kenyans", Barack Obama en personne, l’a demandé ? Telle est la question qui hantera tous les esprits dans ces jours à venir qui s’annoncent longs.

Du comportement des deux leaders principaux dépendra la paix, car il suffira de propos ou d’actes malencontreux de leur part pour que le pays s’embrase de nouveau. On croise donc les doigts, car au vu de sa position géostratégique à proximité du non-Etat somalien, si le Kenya devait s’enrhumer, c’est pratiquement toute la Corne de l’Afrique qui risque de s’étouffer.

 

Hugues Richard Sama

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