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Assemblée nationale : Le sacre de Sakandé

Le nouveau président de l'Assemblée nationale est connu depuis le vendredi 8 septembre 2017. C'est le désormais ancien président du groupe parlementaire du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Alassane Bala Sakandé, qui succède ainsi au président Salifou Diallo, décédé le 19 août dernier. Il était le seul candidat à ce poste de 2e personnalité de l'Etat, l'opposition n'ayant pas proposé de candidat. C’était donc un boulevard tout tracé et balisé pour ce cadre de banque, qui a obtenu 104 sur les 127 voix exprimées.

 

En cette matinée du 8 septembre 2017, en signe de deuil, le long ruban de tissu noir cerne toujours le mur d'enceinte du Parlement, orphelin de son président depuis le 19 août 2017. Pour la clôture de la session extraordinaire, ouverte le 31 août, un acte majeur dans la vie de l'institution devait avoir lieu : l'élection d'un nouveau président, même si la cour, à une heure de l'événement, connaissait une ambiance ordinaire. Dans la salle de la plénière, quelques journalistes s'activent à se faire l’écho des moments tant attendus. Le suppléant du président défunt, Albert Bamogo, qui a hérité de son siège de député, est parmi les premiers et a pris place sur un siège de la dernière rangée. La réserve et la timidité du nouveau ? Probablement. Peu à peu, la salle se remplit de parlementaires, mais aussi de militants du parti au pouvoir qui ont occupé une bonne partie de l’aile gauche. Les supputations vont encore bon train sur l’identité du ou des candidats, même si pour beaucoup, c’est un secret de Polichinelle : Alassane Bala Sakandé, président du groupe parlementaire du parti du Soleil-Levant, passerait haut la main, faute de concurrent du côté de l’opposition. La star du jour est donc déjà connue, elle qui fait son entrée dans la salle tout de blanc vêtue avec une chéchia pourpre sur la tête. Tous les regards se braquent sur l’honorable. Les flashs crépitent. Se voulant visiblement discret, il n'a cependant pu s'empêcher de serrer des mains par-ci par-là, esquissant déjà le sourire du vainqueur. En effet, il l’emportera… sauf tremblement de terre. Mais en attendant, il retrouve sa place de député dans la dernière rangée, une place qu’il n’occupera plus jamais après cette journée.

A dix heures pile poil, celui qui tient provisoirement les rênes de l'institution en sa qualité de premier vice-président, Bénéwendé Stanislas Sankara, prend place et, d’un coup de maillet sec, ouvre la séance. Il confirme d'emblée la candidature unique de l'honorable Sankandé et précise qu'elle a été déposée à 8h 13 mn par le MPP et à 9 heures par son allié, le groupe parlementaire Burkindlim. Après le rappel de quelques articles du règlement intérieur se rapportant à l'élection du président, le vote commence par ordre alphabétique, avec le comptable Abgas Armand Jean Robert pour finir avec le notaire …Zouré Jean Célestin, à 11h 30. Pour ceux qui comprennent la langue mooré, Zouré, comme par coïncidence, signifie « queue » ou celui qui est le dernier dans un rang. L’on comprend alors le murmure amusé dans la salle à l’évocation de son nom.

Après un passage dans l’isoloir et à l’urne, le dépouillement commence immédiatement, sous l'œil vigilant des huissiers, de l'assistance et surtout du maître des lieux. Et le tableau afficha les résultats suivants: pour: 104 ; abstention: 19;  contre : 2 et nul : 2. Comme il fallait s’y attendre, le candidat est nettement au-delà de la majorité absolue (qui est de 64 voix, c'est-à-dire la moitié des 127 plus une voix). L'élection d’Alassane Bala Sakandé est actée sous les ovations du public, surtout de sa famille politique et biologique. Aussitôt, Me Sankara l’invite à rejoindre le perchoir, le déclare officiellement installé et lui remet le bâton de commandement qu’est le maillet, cet énigmatique marteau qui annonce ou scelle les débats. Il récupère le précieux objet, visiblement ému, et s’installe.

Dans son discours, le nouveau promu annonce avoir compris le message de ceux qui ont voté pour lui, contre lui, ou qui se sont abstenus. Il s'engage à faire siens les principes cardinaux de son prédécesseur : l'esprit d'inclusion et de cohésion, la culture du résultat et la quête permanente de l'intérêt général (voir encadré). Le nouveau patron de l’hémicycle déclare la séance close, oubliant toutefois de se servir du maillet pour l’annoncer. Il s'en rend compte par le brouhaha amusé de l'assistance, s’en saisit et assène le coup qui provoque une onde de choc dans la salle.

Issa K. Barry

Abdou Karim Sawadogo

 

 

Encadré

Discours du nouveau président de l’Assemblée nationale

 

Il est des successions dont on aurait voulu se passer. Et la nouvelle responsabilité qui m’échoit en ce jour de vendredi 8 septembre 2017 en est l’éloquente illustration. Il est des hommes politiques dont on admire l’action mais dont on redoute de porter le legs. Est de ceux-là celui dont nous continuons de pleurer la brutale disparition, Son Excellence Monsieur Salifou Diallo.

Ensemble, observons une minute de silence à la mémoire de l’illustre disparu.

 

Honorables députés,

Mesdames et Messieurs,

Nous voilà au terme d’une session extraordinaire qui s’achève consécutivement au deuil qui nous afflige depuis la douloureuse date du 19 août 2017, jour du décès du Président de l’Assemblée nationale, Son Excellence Monsieur Salifou Diallo.

L’homme politique que la nation entière continue de pleurer, la figure tutélaire de la Représentation nationale qui s’en est allée, l’homologue qui nous a quittés, fut par-dessus tout une volonté.

Une volonté de servir l’Etat, toujours avec l’ardeur qu’on lui connaissait, parfois au péril de sa santé et finalement au péril de sa vie.

Je voudrais alors saluer la mémoire de l’homme d’Etat mais aussi rendre hommage à celui qui a passé près de deux années au Parlement mais dont l’action à la tête de notre institution aura inexorablement valeur de référence dans l’histoire parlementaire de notre pays.

Cette institution qu’il a tant aimée, il l’a voulue grande, noble et ouverte. Il l’a voulue consensuelle et au-dessus des partis, des forces politiques, des clans et des intérêts partisans. Enfin il l’a voulue comme un instrument de justice sociale et de protection des plus faibles.

Le Président Salifou Diallo a donné un cap, dessiné un horizon, préfacé une vision, impulsé une dynamique. De lui il restera le souvenir d’un modèle d’engagement qui doit continuer à guider notre mission commune.

Qui pourrait bien remplacer une telle personnalité ? Maintenant que Salifou Diallo est entré dans le cénacle des héros nationaux, la meilleure façon de déclamer son geste, de lui rendre hommage, de perpétuer sa mémoire, c’est de méditer le message qu’il nous a laissé.

 

Honorables députés,

Pour ma part, je fais le serment devant vous, mes collègues, de marcher avec vous dans les sillons tracés par notre illustre Président Salifou Diallo.

Oui, je prends l’engagement, devant vous, chers collègues de rattacher mon action à la vision politique de mon devancier.

La charge qui est désormais la mienne est certes noble mais ô combien périlleuse. Comme un enfant qui apprend à marcher, je trébucherai, je tituberai, je tomberai même peut-être, mais jamais, oui jamais, je ne m’écarterai de la voie ouverte par celui dont le souvenir fondera mon action. Je mesure l’énormité de ce pari. Mais je le prends en toute confiance, sachant qu’il est aussi le vôtre.

Alors, je tends la main à l’ensemble des députés, sans distinction d’appartenance politique ou idéologique afin de relever le pari d’une législature qui saura apporter des réponses aux attentes des populations.

Cet impératif passe par l’esprit d’inclusion et de cohésion, la culture du résultat, et la quête permanente de l’intérêt général. Salifou Diallo en avait fait les principes cardinaux de sa gestion. Je me les approprie.

Je ne terminerai pas mon propos sans remercier les membres du bureau de l’Assemblée nationale avec à sa tête le Premier vice-président, Bénéwendé Stanislas Sankara, pour tous les efforts consentis tout au long de cette période difficile. C’est sur cette note d’appel au rassemblement que je déclare close la présente session extraordinaire. Je vous remercie.

 

Député Bala Alassane Sakandé

 

Réactions d’après-élection

 

Juliette Bonkoungou, présidente du groupe parlementaire CDP

« Il est question de la gestion de l’Assemblée nationale les trois années à venir. Nous n’avons pas jugé nécessaire de présenter de candidat, car pour nous il s’agit d’une continuité du mandat du défunt président Salifou Diallo. Vous avez vu le score, c’est à vous de juger quelle a été la consigne du groupe parlementaire CDP. Je ne vais pas vous la dire, car le vote est secret. »

 

Daouda Simboro, président du groupe parlementaire UPC

« …En février, nous avons fait un mémorandum qui permettait de constater que beaucoup de choses attendaient d’être mises en chantier, qui n’étaient pas réalisées convenablement. Ça a touché tous les compartiments de la vie socio-économico-politique du pays. Aujourd’hui, une candidature de l’opposition, je ne vois pas quelle portée cela aurait eue, est-ce que cette candidature aurait influencé la note ? Je n’en sais rien. Et il ne fallait pas ajouter une crise parlementaire à la crise sociale que l’on connaît déjà.

Peut-être qu’avec le score qui est affiché, on va penser qu’une bonne partie de l’opposition, qui compte normalement plus d’une cinquantaine de députés, a peut-être fait une compromission. Mais je ne pense pas que ça soit une compromission. Même avant ce vote, il y a eu d’autres votes au temps du défunt président où l’opposition a voté pour certaines lois. Donc l’opposition ne vote pas systématiquement contre. Même si le score peut donner lieu à des interprétations, rassurez-vous, moi, je suis le président du groupe parlementaire UPC, et notre consigne lors de notre réunion directoire est de voter l’abstention. »

 

Alexandre Sankara, Groupe parlementaire Burkindlim

« Cette élection est une fierté, car les députés ont porté un jeune à la tête de l’institution. C’est un message fort que nous avons voulu envoyer à la jeunesse (…), le futur sera meilleur pour elle. Le défi du nouveau président sera de rassembler les députés, de faire prévaloir le consensus et surtout de faire de l’Assemblée nationale une véritable institution au service du développement et non une caisse de résonance. »

 

Encadré

Le CV du nouveau propriétaire du maillet

 

I/ Etat civil

Nom : Sakandé
Prénom : Alassane Bala
Date et lieu de naissance : 21 août 1969 à Ouagadougou (Burkina Faso)
Situation de famille : marié, père de 02 enfants
Profession : cadre supérieur de banque
Adresse : Ouagadougou

 

II/ Diplômes

 2010 : Diplôme de Conseiller commercial de Banque (DCCB)/ Centre de formation des banques et établissements financiers du Burkina Faso ;

 2006 : Master/MBA en commerce extérieur/Affaires internationales/Université de Ouagadougou/Université de Lyon ;

 1982-1986 : Lycée Yamwaya de Ouahigouya ; Brevet d’études premier cycle (BEPC).

 
 1987-1990 : Lycée Bambata de Ouagadougou

 1990-1991 : Lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou ; Baccalauréat série D.

 

II/ Expériences professionnelles

 2012 – 2015 : Chef du département moyens généraux à la United Bank for Africa (UBA) ;
 2010 – 2012 : Chef du département Secteur public à la United Bank for Africa (UBA) ;
 2008 – 2010 : Chef du département Relations extérieures à la United Bank for Africa (UBA) ;
 Janvier 1995 : Cadre de banque à la Banque internationale du Burkina (BIB).

 

III/ Expériences politiques

   Mars 2017 : Secrétaire exécutif national adjoint du Bureau exécutif national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ;

 2016-2017 : Président du groupe parlementaire MPP ;

 Depuis le 29 novembre 2015 : Député élu à l’Assemblée nationale ;

 2014 : Secrétaire chargé des structures géographiques du Bureau exécutif national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ;

   2006 à 2012 : Conseiller municipal de la ville de Ouagadougou ;

 1995 à 2000 : Conseiller municipal de la ville de Ouagadougou.

 

 

Commentaires   

-1 #2 Burkina 11-09-2017 10:20
Je ne comprends rien. Donc le gars n'as pas fait l'université et il a le master?
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-1 #1 Moumouni 11-09-2017 08:44
RMCK et SIMON ont poignardé GORBA et les siens du nord dans le dos. le chien ne change jamais sa manière de s’assoir. Ils t'on trahie une fois dans le passé et l'histoire se répète. :sad: :sad: :sad:
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