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Crise au sein de l'UPC : Les Lions à la poursuite «des traîtres de service»

Jean Léonard Bouda (au milieu) lisant la déclaration liminaire Jean Léonard Bouda (au milieu) lisant la déclaration liminaire

Une marche pacifique à l'Assemblée nationale le jeudi 12 octobre suivie, le même jour, d'une remise de lettres aux hauts- commissaires des provinces dont sont issus les 13 députés, des manifestations dans les secteurs et arrondissements de Ouagadougou, la multiplication des visites inopinées aux domiciles des élus concernés ; ce sont autant de mesures que les militants de base de l'Union pour le progrès et le changement (UPC) entendent prendre pour  contraindre les démissionnaires à remettre leurs mandats. C'est en tout cas la teneur de la conférence de presse donnée hier 10 octobre au siège du parti à Ouagadougou.

 

La crise qui secoue le parti du Lion semble avoir atteint un point de non-retour. En décidant de créer un groupe parlementaire dit Renouveau démocratique dans le même parti (UPC-RD), Daouda Simboro et ses douze camarades ont cristallisé la colère des militants de base.

Contrairement à leur président, Zéphirin Diabré, qui assurait le jour précédent être disposé au dialogue avec les démissionnaires, pour eux la messe est dite et le seul combat qui vaille d’être mené, c’est de contraindre les 13 à remettre purement et simplement leur mandat.  Avant le début de ce rendez-vous avec la presse, les militants rivalisent de proverbes et autres formules pour dépeindre la situation que vit l'UPC.

«Si tu donnes une moto de service à ton employé qui démissionne par la suite, on n'a pas besoin de lui dire de rendre cette monture, c'est une question de bon sens », lâche un militant. Et son voisin d'user de cette parabole : « Nous avons brisé le pain de singe à l'aide de nos têtes ; aujourd'hui des gens en mangent les grains tout en nous méprisant. »

Caroline Bouda semble, elle, comprendre que des «gens qui ont faim cherchent à manger », mais elle leur donne ce conseil : « Faites-le en gardant un minimum de dignité. » Et d'ajouter, énigmatique : « Si tu réveilles un enfant et qu’il se met à courir plus vite que toi, il faut vite trouver un moyen de l'arrêter. »

Dieudonné Sawadogo, correspondant du parti dans le Ganzourgou, du haut de ses 65 ans, pense que leurs camarades d'hier auraient dû, dans le souci de préserver leur image et de respecter les militants du parti, démissionner avant d'aller étaler leur linge là où ils estiment que le soleil brille plus. On le voit bien, ces opinions avant le début de la rencontre annonçaient la couleur.

 

 « Une marchandise avariée »

 

En effet,   dans une déclaration lue par Jean Léonard Bouda, le ton est sans ambiguïté : c’est celui de la colère, et des menaces à peine voilées sont proférées. « D'ores et déjà, nous soulignons que nous ne recevons d'ordres de personne : ni de la direction du parti ni d'autres personnes. Le parti, c'est d'abord nous à la base. Ce sont les militants qui  ont saigné, souffert, dépensé  et battu campagne pour que des individus hier méconnus du grand public deviennent des députés sous l'étiquette de l'UPC », a-t-il d'emblée souligné avant de s'offusquer : « Pour ne pas perdre leurs avantages (émoluments, voitures de fonction, missions grassement payées  et privilèges divers), ils veulent nous divertir en disant qu'ils sont du parti. Nous ne sommes pas dupes. L'Assemblée nationale ne saurait être un cirque, un jardin d'enfants boulimiques. Elle est la représentation nationale où les bonnes pratiques doivent être vues. »

Au fil de la déclaration, le ton se durcit. «Si les Burkinabè ne veulent plus, à l'avenir, avoir des députés renégats, traîtres, des députés aux intestins fragiles, des déshonorables députés, c'est maintenant qu'ils doivent agir. Nous, militants à la base, ne voulons plus de négociation. Nous disons au passage au MPP que la marchandise qu’il a achetée moins chère est avariée », assène-t-il sous les applaudissements nourris de ses camarades, gonflés à bloc.

 

Des actions au frigo

 

Pour la récupération des mandats des démissionnaires du groupe parlementaire UPC, une série d'actions ont été annoncées :

- Marche « pacifique » à l'Assemblée nationale le jeudi 12 octobre dès 7 heures pour livrer un message à l'occupant du perchoir ;

- remise de lettres, le même jour, aux hauts-commissaires des provinces de la Tapoa, de la Comoé, du Poni, du Kénédougou, de la Gnagna, du Tuy, de la Léraba, de la Komandjari, de la Kossi,  du Boulgou et de la  Kompienga ;

- manifestation dans les secteurs, arrondissements de Ouagadougou et villes concernées ;

- intensification des visites inopinées aux députés « traîtres » afin de dire « pacifiquement notre détermination à récupérer nos mandats » ;

- d’autres actions attendent au frigo. «Elle dépendront du comportement du président de l'Assemblée nationale et de celui des députés qui ont trahi leurs électeurs. »

Si les frondeurs affirment être toujours du parti, comment les dessaisir légalement de leur mandat ?

A cette question, Jean Bosco Bossou, l’un des tenants du crachoir, répond qu’il pense que l'affaire est simple : «C'est nous qui avons mis en œuvre la stratégie pour faire partir Blaise Compaoré ; nous la mettrons en œuvre pour, une fois pour toutes, mettre fin à la traîtrise, qui depuis les années 80 bloque le pays. »

 

Abdou Karim Sawadogo

Commentaires   

0 #4 Octave Denis 11-10-2017 11:33
Il ne sied pas de s’offusquer du fait que le ministre de la sécurité Simon Compaoré ait diligenté la sécurisation des domiciles des députés frondeurs de l’UPC qui ont été des cibles de vandalisme et de menaces verbales. En effet, quand des militants et sympathisants de l’UPC, sous l’effet incontrôlé de la colère, ont donné des ultimatums à ces députés avec des propos graves tels que, si vous ne démissionnez pas dans les brefs délais de l’UPC, vous allez rejoindre Salif Diallo. Ce sont des déclarations graves de conséquences pouvant déboucher sur des cas de meurtres parmi les parlementaires frondeurs. Dans une telle atmosphère, les services de sécurité ont l’obligation de prendre des mesures préventives pour assurer l’intégrité physique des députés et de leurs domiciles. A supposer que par excès de zèle, des gens agités au sein de la foule assassinent un ou des députés frondeurs, les accusations pour situer les responsabilités pourraient être diversement interprétées. D’aucuns pourraient accuser des partisans du pouvoir(MPP), d’être des coupables. D’autres, diraient que la responsabilité incombe entièrement à l’UPC et à son leader Zéphirin Diabré, qui aurait été incapable de contenir les mouvements de colère de ses militants. Par conséquent, il n’y a pas lieu d’accabler ni le ministre de la sécurité, ni les CRS qui ont pris des dispositions pour sécuriser les domiciles sous menaces. L’Etat a le devoir d’assurer la sécurité pour tous en cas de besoin, sans discrimination d’appartenance politique ou religieuse.
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0 #3 Thérèse 11-10-2017 08:54
La voie et les méthodes utilisées par le parti du Chef de file de l’opposition(UP C) pour le règlement de ses dissensions internes sont déplorables et aux antipodes des principes républicains dans un état de droit. Les actes d’intimidation et de vandalisme perpétrés par des militants agités de l’UPC contre certains députés frondeurs du parti sont lourds de conséquences. Le président de l’UPC Zéphirin Diabré doit savoir que de tels agissements de ses militants le discréditent ainsi que son parti. Si jamais par excès de colère, en plus des saccages de domiciles, des gens venaient à perdre la vie, la responsabilité du président de l’UPC se retrouvera gravement engagée. Les autorités en charge de la sécurité ont eu de bons reflexes en prenant des mesures pour sécuriser les domiciles des députés ciblés par les actes extrémistes. Ce n’est pas au chef de file de l’opposition qu’on doit enseigner les principes des droits humains qui requièrent que tout litige doit se régler en justice.
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0 #2 Sidzabda 11-10-2017 08:34
Avec cette sortie des militants, je lis aisément l'inconstance criarde et réelle de Zeph. lors de ton point de presse, tu disais tendre la main aux députés frondeurs '(il faut les nommer ainsi) et tout à coup soudain brusquement, tu envoies tes valets pour faire une conférence pour dire que vous voulez qu'ils remettre leurs mandats. si tu veux être conséquent avec toi-même; rappeler ces morveux là à l'ordre ainsi, nous aurons confiance sur tes capacités intrinsèques à diriger ce pays. sinon, si pour le moment, tu dis rien, c'est que tu es complice. aussi, il faut aussi les appliquer la même sanction qu'a subie KIEMDE, tu vois bien que tu as commis une erreur qui n'est pas prête de s'arrêter. vu qu'ils sont toujours de l'UPC, il faut les convoquer et les entendre; là vous serez bien situés.
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0 #1 Sidzabda 11-10-2017 08:10
la descente de Zeph aux enfers a commencer. il gagnerait à recadrer ses brebis qui risquent d'être galeuse. En quoi une crise de l'UPC concerne l'assemblée? ne dit-on pas que le linge salle se lave en famille?Quant aux mandats des Députés vous êtes tenus de respecter les dispositions légales en vigueur sous peine de subir les rigueurs de la loi; alors, attentions à vos visites inopinées, si elles portent atteinte à l'intégrité physique du député, vous risquer de répondre sans attendre. alors, il faut aller molo molo, mais pas mouta mouta
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