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Meurtre d’un jeune homme à Balolé : Trois jours après la poussée de fièvre

1Le ‘’petit comité ‘’ qui nous a accueilli 1Le ‘’petit comité ‘’ qui nous a accueilli Ph. Frédéric Y.

Il y avait bel et bien une fille, voire deux, en compagnie de Paténéma et d’Antoine Kalmogo le soir du samedi 29 juillet 2017, jour où ce dernier a été fauché par une balle d’un des militaires assurant la sécurité du dépôt SONABHY de Bingo. C’est ce que nous a révélé le rescapé du drame, trois jours après la manifestation de colère des habitants de Balolé qui exprimaient ainsi leur soif de vérité et de justice pour l’élève de 19 ans. Si la voie précédemment barricadée a été rouverte à la circulation pour les centaines de camions et des travailleurs du dépôt, c’est certainement en raison des assurances données par les autorités administratives. Mieux, une enquête a été ouverte par la Brigade territoriale de gendarmerie de Tanghin-Dassouri afin d’élucider cette affaire et de traduire le mis en cause en justice.

 

 Hier 3 août 2017, dès 8h30 sur la RN 1 (Route nationale Ouaga-Bobo), on ne peut compter le nombre de camions citernes et de véhicules chargés de gaz butane et venant d’un sens ou de l’autre. Tout aussi grouillante d’engins est la voie menant au dépôt de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) sis à Bingo. Trois jours plus tôt, c’étaient des véhicules parqués sur 3 des 7 km de cette voie fortement dégradée. Cela est la preuve manifeste qu’il n’y a plus de barricades, même si au lieu précis, une dizaine de jeunes étaient sous un karité. A quelques mètres de là, sous un neem se repose Abdoul Karim Kalmogo ; celui-là même qui pressentait une affaire de femme dans le meurtre de son petit frère Antoine. «Soyez les bienvenus, vous êtes venus aux nouvelles, Paténéma n’est pas loin d’ici, je vais le faire venir», nous a-t-il, convaincu que sa révélation du lundi dernier donnerait une autre tournure à l’affaire. Il a ordonné dans la foulée à un autre jeune homme d’aller chercher Paténéma Kalmogo avant de nous inviter à nous assoir sous un hangar. Quelques instants plus tard, le rescapé descend d’une moto avec une version presque identique à la première.

Mais il y a du neuf dans la version du miraculé : «Après le petit marché, au retour, à côté des rails, il y a un jeune homme qui nous a donné du dolo dans un bidon. Nous avons rencontré ensuite une fille et sa copine vers le terrain de football. On a fait chemin ensemble et Antoine a remis le bidon de dolo à l’une des filles. Quand nous sommes arrivés où on devait se séparer, la fille qui tenait le bidon l’a déposé et a dit qu’elles allaient repartir. Quand elles sont parties, Antoine était devant moi avec son téléphone et communiquait. C’est à ce moment qu’il a été touché et que moi, j’ai couru». Le jeune homme, âgé également de 19 ans, confirme que l’une des filles était la copine d’Antoine Kalmogo et qu’il l’a su à trois jours du drame. Cependant, il ne peut ne peut pas dire si cette même fille faisait l’objet de convoitise d’un militaire. «Je ne peux pas le confirmer. Au petit marché, Antoine m’avait donné le numéro de téléphone de la fille au cas où je voudrais l’appeler un jour. J’ai refusé dès le départ, car je ne voyais pas ce que je pouvais vouloir lui dire. Sur son insistance, j’ai pris le numéro mais je ne l’ai pas enregistré sur place», a-t-il expliqué.

A en croire Paténéma Kalmogo, après la course poursuite, il a revu la fille en question et l’autre, plus petite, au niveau du petit marché et elles disaient aller à une répétition de danse. «On a même échangé un peu. J’ai voulu savoir si quelque chose leur était arrivé avec les coups de feu. Elle a répondu par la négative puis a demandé d’après Antoine. Je lui ai rétorqué que je n’ai pas de ses nouvelles mais que j’ai reçu un appel téléphonique d’un numéro Telecel. Antoine avait un numéro Telecel que je n’ai pas, je ne sais pas si c’est lui ou pas mais l’appel n’a pas duré plus de 5 secondes et la personne ne parlait pas», a déclaré le cultivateur Paténéma.

 

 

«Le fautif a été interpellé le dimanche 30 juillet»

 

Au cours de l’entretien avec Patétéma Kalmogo, nous sommes entrés en contact avec le préfet de Tanghin-Dassouri dans l’optique de passer échanger avec lui sur l’évolution de l’affaire. Mais voici brièvement sa réaction : «Il y a une enquête qui a été ouverte par la Brigade territoriale de gendarmerie de Tanghin-Dassouri. Des personnes ont été auditionnées. Comme vous le savez, dans ces situations, on est tenu à l’obligation de réserve. Même à la gendarmerie, ce n’est pas évident que les agents vont se prononcer. Il y a une procédure, la gendarmerie va travailler et mettre l’affaire dans les mains du commissaire du gouvernement au niveau de la justice militaire.»

Abdoul Karim Kalmogo, le frère d’Antoine, tient à nous expliquer pourquoi il pressentait une affaire de femme. Il a été informé de la mort de son frère aux environs de 6 h (dimanche 30 juillet). Ses autres frères qui l’en ont informé disaient qu’Antoine a été abattu par un militaire, qu’ils l’ont enterré et s’apprêtaient à se rendre à la gendarmerie avec le rescapé, Paténéma Kalmogo. «Quand je suis arrivé à la gendarmerie, Paténéma avait été auditionné vers 10h. Il nous a conduits sur les lieux du drame pour que je puisse m’imaginer la scène. Sur place, il m’a dit comment le bidon était déposé, qu’il n’était pas tombé. Or, si c’est Antoine qui le tenait comme il l’avait prétendu au départ, il ne pouvait pas avoir reçu une balle, être tombé ensuite alors que le bidon d’eau est resté debout», a-t-il argué. Ce serait à travers ses petites interrogations et à force d’insister que Paténéma a fini par confier qu’il y avait deux autres personnes. D’après ce qu’il sait également, le mis en cause a été interpellé le 30 juillet 2017.

Il a indiqué aussi que c’est hier (ndlr : 2 août 2017) qu’ils se sont rendus chez les deux filles en question, mais en prenant le soin de les écouter séparément. «La première que nous avons rencontrée nous a tout dit, nous étions trois. Mais la seconde (la copine d’Antoine) a commencé par nous dire qu’elle n’avait pas de téléphone portable mais quand je lui ai présenté un numéro, elle a reconnu que c’était le sien. Elle a dit qu’elle ne sait plus où se trouve son téléphone», a raconté Abdoul Karim Kalmogo. Il a mentionné en outre que le même jour, lors de l’audition de la fille à la gendarmerie, un téléphone portable lui a été présenté et qu’elle l’a reconnu également. « Il n’y avait pas de carte sim. Elle nous a dit que c’est Antoine qui lui a acheté ce téléphone, qu’elle aimait Antoine et était aussi convoitée par un militaire », a-t-il fait savoir. Dans son développement, il a signifié que la fille a nié avoir vu le militaire dans la soirée du samedi quand elle a voulu rebrousser chemin. Sur l’éventuel coup de fil que son frère aurait reçu avant d’être abattu, il a aussi sa petite idée. «La fille n’a pas voulu nous dire si c’est elle qui a donné le numéro d’Antoine au militaire ou si c’est ce dernier qui a fouillé dans son téléphone pour l’y trouver. Mais je crois que c’est le militaire qui l’a obtenu et ne connaissant pas Antoine, il a appelé pour voir celui qui allait décrocher avant de tirer», conclut Abdoul Karim Kalmogo, qui attend impatiemment que justice soit faite.

Nous avons également tenté d’entrer en contact avec le responsable du dépôt SONABHY de Bingo sans avoir gain de cause.

 

Aboubacar Dermé

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