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Situation nationale:A Salf ka yé

Parti à Paris pour des vacances après avoir effectué son habituel check-up de santé à Tunis, le président de l’Assemblée nationale et président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Salif Diallo, a été  victime d’une fatale attaque cardiaque le samedi 19 août 2017. Comme on le dira dans son Ouahigouya natal, « A Salf ka yé ». Entendez par là, « Salif n’est plus ». A 60 ans, il quitte ainsi définitivement la scène politique burkinabè dont il a été l’un des acteurs controversés depuis plus de trente ans. A l’annonce de cette nouvelle, de nombreux militants de son parti, des personnalités de tous bords et de simples citoyens sont  spontanément  allés au siège du MPP et  au domicile du défunt.

 

 

 

 

On le savait malade depuis plusieurs années, on s’était même habitué à sa santé fragile qui ne l’empêchait pas de garder son franc-parler et de remonter parfois les bretelles des ministres qui venaient à l’hémicycle pour défendre des projets de loi. Mais de nombreux Burkinabè,  et en particulier, les militants  de son parti ont été surpris par l’annonce de son décès intervenu à l’aube du samedi 19 août. « Au départ, je n’ai pas cru que c’est quelque chose qui pouvait arriver. Au fil du temps, j’ai compris que c’est une réalité parce que je recevais beaucoup d’appels, soit pour confirmer ou bien me demander des informations », témoigne l’ancien gouverneur de la région du Centre, par ailleurs membre du bureau exécutif national du MPP, Boureima Bougouma. Après de nombreux coups de fil, ses camarades politiques ont compris qu’il ne s’agissait pas d’une « fake » à  laquelle nous ont habitué quelques utilisateurs du web qui prennent un malin plaisir à donner pour mortes des personnes pourtant bien portantes. Pour ses camarades de parti, il a fallu se rendre à l’évidence, Salifou Diallo, Gorba ainsi qu’on le surnommait, a tiré sa révérence.

Au siège du MPP où affluaient spontanément des militants ce samedi matin, les mines étaient graves ; des tentes étaient installées devant la cour et barrées d’une bande de tissu noire en signe de deuil.

Les ténors du parti arrivaient au compte goutte sur les lieux pour préparer les obsèques. Arrivé peu après 10h, le président des jeunes du MPP, le député Bachir Ismaël Ouédraogo balbutie quelques mots devant notre dictaphone : « On est dévasté. C’est très dur » avant de s’en aller conduire une réunion avec les secrétaires généraux en vue de préparer des obsèques dignes de ce nom à Salifou Diallo qui s’est « sacrifié pour le parti ». « Ce sont  des gens qui ont réalisé leur vie. Il n’avait pas à aller jusqu’au sacrifice suprême. Tout le monde lui disait, il faut aller doucement. Malgré ça, il a pris la direction du parti, il a tout fait pour nous conduire à la victoire… Nous devons faire en sorte qu’une marée humaine accueille sa dépouille à l’aéroport et le conduise à Ouahigouya. », déclare le député, interrompu par des sanglots de sa voisine. En attendant un programme officielle des obsèques, les militants s’organisent par arrondissement pour tenir une permanence au siège du parti et au domicile familial.

 

Attaque foudroyante

 

Les leaders du parti du Soleil levant que nous avons rencontrés, affirment ne pas connaître les circonstances exactes de cette brusque disparition. Interrogé, le vice-président de l’Assemblée nationale dit, quant à lui, vouloir « se réserver » sur le sujet. Mais selon des sources proches de sa famille, la vie de Salifou Diallo s’est jouée en moins d’une heure.

L’ex-président de l’Assemblée nationale avait quitté le Burkina pour faire son habituel check-up de santé et en profiter pour passer des vacances, rien donc d’alarmant. De Tunis, il s’est rendu ensuite en France le 16 août 2017. Il devait revenir au pays le 26 août, mais avec l’attaque terroriste contre le café Aziz-Istanbul, il décide d’écourter son séjour français, son vol retour était désormais fixé au samedi 19 août. Depuis la France, Gorba avait même donné rendez-vous à des visiteurs à son domicile à Ouaga 2000 ce jour à 21h. Un rendez-vous qu’il n’honorera pas. Dans la nuit du vendredi au samedi, il a été en effet victime d’une attaque cardiaque foudroyante. 52 minutes se sont écoulées avant que soit prononcé son décès.

 

En attendant les obsèques nationales

 

La disparition de la deuxième personnalité de l’Etat a aussi secoué le personnel de l’Assemblée nationale. Avant de se rendre au domicile du défunt, certains travailleurs s’attelaient à accrocher deux bandes de tissus noirs sur le mur de l’institution.

Hier, dans l’après-midi, les députés ont tenu une réunion extraordinaire élargie au personnel administratif, la première sans Salifou Diallo. Le président par intérim, Me Bénéwendé Sankara, qui a présidé cette réunion d’informations, a indiqué que la dépouille mortelle arrivera le mercredi aux environs de 16h. Plusieurs hommages seront ensuite rendus à Gorba, notamment au Palais des sports. Selon le programme provisoire, Salifou Diallo sera inhumé le vendredi 25 août à Ouahigouya. Pour l’instant, de nombreux Burkinabè continuent d’affluer à son domicile pour présenter leurs condoléances à sa famille.

Compte tenu de la stature de l’homme, les différents hommages devront drainer du monde. D’ores et déjà, à proximité de la maison mortuaire, on s’affairait à désherber un espace qui devrait tenir lieu de parking.

 

Hugues Richard Sama

 

Encadré 1

Réactions de camarades politiques

Boureima Bougouma, membre du bureau exécutif national du MPP

« C’est vraiment un grand choc pour nous tous militants du parti, camarades de très longue date et amis. Franchement, Dieu seul sait  ce qui s’est passé. Je me dis que nous allons rester forts et continuer la lutte. C’est vrai que c’est une grande perte, les mots me manquent. On ne sait pas comment les choses vont se passer mais nous restons toujours engagés. »

 

Bachir Ismaël Ouédraogo, président des jeunes du MPP

 

« C’est une grande perte ; en ces instants où le Burkina est attaqué par le terrorisme. C’est éminemment difficile, très dur. Le baobab est tombé mais la relève est assurée puisque l’œuvre qu’il  a construite, le parti qu’il a contribué à mettre en place, nous la jeunesse, nous faisons le serment de continuer le travail et de faire en sorte que le MPP puisse unifier tous les fils du Burkina. Nous allons être très dignes dans cette douleur. »

 

Lassané Savadogo, secrétaire exécutif du MPP

 

Le parti dans son ensemble est attristé par cette brutale évolution des choses. En ce  qui me concerne personnellement, vous connaissez très bien la nature des relations qui existaient entre nous, indépendamment des relations politiques que nous avions en tant que militants du MPP. Vous savez également que nous étions de la même région, nous appartenions au même espace culturel, il y a des liens de famille qui existaient entre nous, nous nous étions toujours comportés l’un envers l’autre comme des frères de sang. Je suis donc doublement affecté par ce qui est arrivé.

Propos recueillis par H.R.S.

Encadré2

 

Que dit la loi en cas de vacance du pouvoir ?

 

Selon le règlement de l’Assemblée nationale, le nouveau président du parlement devra être élu dans les quinze jours qui suivent la vacance du poste. La résolution N°001-2016/AN, portant règlement de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, indique en son article 17, alinéa 3 : « En cas de vacance de la présidence de l’Assemblée nationale, par application des articles 91, 92 ou 93 de la Constitution, l’Assemblée nationale élit un nouveau président dans les quinze jours qui suivent la vacance si elle est en session. Dans le cas contraire, elle se réunit de plein droit ». L’article 91 de la Constitution du Burkina Faso stipule que : « Le président de l’Assemblée nationale est élu pour la durée de la législature à la majorité absolue au premier tour, à la majorité simple au second tour ». En attendant cette élection, le 1er vice-président, Bénéwendé Sankara, assure l’intérim.

 

 

Encadré3

Bio-express de Salifou Diallo

 

  • 2000-2005 : Université de Perpignan (France) : Doctorat en droit public international

 

  • 1994-1995 : Université Cheick-Anta-Diop de

Dakar (Sénégal) : Diplôme d’études approfondies en droit public international

 

  • 1982-1985 : Université Cheick-Anta-Diop de Dakar (Sénégal) : Diplôme de maîtrise en sciences juridiques et politiques

 

  • 1978-1981 : Institut africain d’études cinématographiques (INAFEC) / Université de Ouagadougou : Diplôme d’Etudes universitaires générales (DEUG II)

 

Expériences professionnelles et politiques

  • 30 décembre 2015 au 18 août 2017 : Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso
  • 2009-2011 : Ambassadeur du Burkina Faso en Autriche à Vienne
  • 2000-2008 : Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques du Burkina Faso, chargé des Relations avec l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et le Fonds International pour le Développement de l’Agriculture (FIDA)
  • 1999-2000 : Conseiller spécial à la présidence de la République
  • 1995-1999 : Ministre d’Etat, ministre de l’Environnement et de l’Eau, et expert chargé des Relations avec le Secrétariat exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification
  • 1989-1995 : Ministre chargé de missions à la présidence de la République, négociateur principal chargé du dossier du conflit Touareg au Niger et au Mali
  • 1987-1989 : Directeur de cabinet du président de la République
  • 1986-1987 : Chef de cabinet au ministère de la Justice du Burkina Faso
  • Janvier 2014: 1er Vice-président du parti du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP)
  • Mars 2017 : Président du MPP
  • 1996-2009 : Secrétaire général adjoint, chargé de l’orientation politique du parti du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP)
  • 1989-1996 : Secrétaire général adjoint de l’Organisation pour la démocratie et le progrès/Mouvement du travail (ODP/MT)

 

 

 

Encadré 4

Programme provisoire des obsèques

-Arrivée du corps : mercredi 23 août

-Hommages à l’Assemblée nationale puis au siège du MPP : jeudi

-Départ du corps pour Ouahigouya : jeudi

-Enterrement : vendredi, après la prière

Commentaires   

0 #4 Parlement 21-08-2017 15:49
Dans la vie d’une nation, chaque citoyen, comme toute personnalité joue son rôle de son mieux avant de mourir. Les bons et mauvais exemples des uns et des autres, doivent servir de leçons pour les générations montantes afin de corriger les insuffisances et renforcer les acquis. En ces moments de deuil pour Salif Diallo,la nation doit lui rendre les hommages dignes de son rang. Cependant, le temps presse, car le délai légal de 15 jours pour l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée, échoit le 02 septembre 2017.Il appartient au Chef de l’Etat, de faire acte de clairvoyance, pour que la majorité présidentielle puisse choisir un président du parlement qui soit à la hauteur de la mission. Une personne dynamique, un rassembleur pour bien diriger l’auguste Assemblée dans l’intérêt général de la nation. Etre président du groupe parlementaire du MPP n’est pas un droit logique pour mériter la présidence du parlement. De même, être un vice-président de l’Assemblée n’est pas non plus un droit d’accéder au perchoir surtout quand on est issu d’un parti minoritaire allié de la majorité. Donc l’actuel premier vice président de l’Assemblée nationale doit faire preuve de modération et ne pas oublier ses propos et attitudes qui ont offensé la classe politique et ses anciens camarades de l’opposition. Le temps des va –t’en guerre politique est désormais révolu au Burkina pour faire place au dialogue, au consensus et à la valorisation des mérites et compétences de chaque Burkinabè.
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+1 #3 Kanzim 21-08-2017 13:15
Les politiciens : ce sont tous des champions en plagiat des comédiens les plus célèbres. Le faire-semblant quoi. Pour eux l’essentiel, se retrouve dans la capacité à adapter le discours à la circonstance. Le discours sera d’autant plus important lorsqu’il générera de l’émotion, et le discoureur en aura plus d’aura. L’art du politicien, aguerri comme apprenti, comprend aussi la capacité à adopter la posture qui s’adapte le mieux à la circonstance : face à un cercueil on en a vu qui ont réussi à activer leurs glandes lacrymales pour laisser couler leur peine dans des larmes ruisselant sur des mines confites, des joues et des lèvres qui tremblent comme pour exprimer une douleur difficilement maîtrisable. Ainsi en a-t-on vu qui ont pleuré dans l’évocation de souvenirs tronqués et masqués à dessein, pour présenter une amitié solide du vivant de celui qui n’est plus. L’amitié avec le mort est même souvent élargie à la parenté, comme Norbert ZONGO qui eut beaucoup de parents, cousins et autres amis d’enfance, lorsque toute honte bue, les mouches de la table du chef et de Guillotin faisaient semblant de regretter sa disparition, qu’ils évitaient de condamner à découvert pour ne pas assécher les mamelles nourricières dont ils prenaient de l’embonpoint. Certains d’entre eux ont repris le même refrain, pour proclamer leur proximité d’avec Salif, ou leur admiration pour Salif. La même comédie évoquant leur « attachement » à Salif Diallo se joue et se jouera tant qu’il y aura des caméras et des micros en face. Chacun grouille pour parler. Mais peu évoqueront la période pré et post interview de Vienne, ou les moments avant et pendant le dernier congrès du MPP. Mais comme il y en a qui utilisent Dieu pour les plaisirs toutes formes confondues et pour leur visibilité, il n’y a pas à s’étonner qu’ils n’éprouvent aucun sentiment de remords ou aucune hésitation pour utiliser les morts, même si le cadavre demeure toujours chaud. La célèbre phrase de M Passek Taalé à Wambi est très illustrative de ma pensée sur toutes ces comédies : « ainsi va la vie ».
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+1 #2 LoiseauDeMinerve 21-08-2017 09:46
L'homme est un holon, à la fois un tout et une partie d'un tout. Vanité de vanité tout n'est que vanité. Ainsi donc tout vivant est mortel et puisque l'homme est un vivant il est mortel.
Paix et repos éternel à toutes les âmes qui ont quitté la scène, chacune après avoir joué sa partition. Trop de louanges ou de glorioles tuent la sincérité de la sympathie. Aussi disons-nous tout simplement Peace peace peace !
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+1 #1 ANTA 21-08-2017 06:50
Paix à l'âme du disparu. Voilà encore une occasion pour nous les morts en sursis de répéter la phrase de l'Ecclésiaste:" Vanité des vanités, tout est vanité". Entre nous et la mort qui est plus bandit que qui? Toégui, ton malin-là, tu as vu?
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