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Victoire du Sénégal à la CAN : le coup de sang qui ternit cette deuxième étoile

Tels de généraux romains de retour d’une campagne victorieuse, les Lions de la Teranga sont rentrés hier lundi 19 janvier 2026 à Dakar, où ils ont été accueillis par des millions de Sénégalais et le gotha de la politique. La journée avait même été décrétée fériée pour l’occasion.

 

La veille, les Djambars (1), à l’issue d’une finale épique, avaient battu le Maroc par un score d’un but à zéro, inscrit à la 94e minute par Pape Gueye. Ils accrochaient ainsi une deuxième étoile sur leur maillot après celle obtenue en 2019 face à l’Algérie.Une consécration, somme toute, méritée pour un pays classé 2e en Afrique sur le rating de la FIFA, qui vient de jouer sa troisième finale sur les quatre dernières éditions et dont le parcours à cette 35e CAN fut très remarquable. Un exemple de régularité et de combattivité même s’ils avaient en face d’eux une équipe toute aussi méritante que celle des Lions de l’Atlas.

 Mais, hélas, mille fois hélas ! Ce sacre a été marqué par ce coup de sang qui ternit quelque part, l’éclat de cette récente étoile décrochée de hautes luttes. En effet, tout est parti de ce penalty sifflé dans les arrêts de jeu en faveur du pays organisateur suite à une faute effective commise sur Brahim Diaz.Concert de rugissements des Lions de la Teranga. La colère et la frustration des Gaïndés (2)étaient d’autant vives que, quelques minutes auparavant, l’arbitre congolais, Jean Jacques Ndala, avait invalidé un but d’Ismaël Sarr pour antijeu sur Achraf Hakimi. Faute qu’il avait signalée avant que le ballon ne franchisse la ligne de but de l’excellent Yassine Bounou, meilleur  gardien de la CAN 2025. Pour les Sénégalais, il y a deux poids deux mesures car,  estiment-ils, si le juge central a pu consulter la VAR avant d’accorder le penalty à l’adversaire, a contrario, il ne s’est pas donné cette même peine avant de refuser leur but.

 

Fureur extrême des Lions de la Teranga qui rugissent à en perdre haleine.

 

C’est alors à ce moment qu’une scène surréaliste se produisit avec l’entraîneur Pape Thiaw en personne. Contre toute attente et contre les fondamentaux du football, comme le fair-play, il a tout bonnement sommé ses joueurs de quitter le terrain et rejoindre la tanière, pardon, les vestiaires.Injonction à laquelle presque tous obtempèrent. Pour peu, on croirait assister à un match de football de quartier.Il a beau se confondre plus tard en excuses pour cette attitude transgressive qu’aucun coach ne devrait s’en laisser aller, le mal était déjà fait devant des millions de spectateurs et de téléspectateurs. Voilà donc qu’une partie, qui était pourtant plaisante jusque-là, sera suspendue pendant une bonne quinzaine de minutes dans la confusion totale. Un temps interminable durant lequel les récriminations fusaient de toutes parts alors que des supporters sénégalais ne se gênaient pas de descendre sur la pelouse ou à jeter des projectiles et le point d’orgue de cette cohue, fut ce face-à-face entre les deux entraineurs. Progressivement, la raison finira par prévaloir chez les Lions de la Teranga grâce, notamment à des acteurs de l’ombre, à l’image de Claude Leroy.

 

En effet, à Sadio Mané qui lui a demandé quelle conduite tenir en pareille circonstance, le totémique « Sorcier blanc africain », qui fut, soit dit en passant, sélectionneur sénégalais entre 88 et 92 répondra sans hésiter : « A ta place, j’irai chercher mes potes ». Un conseil dont Sadio Mané tiendra compte en demandant à ses coéquipiers de reprendre la partie où elle s’était arrêtée.Bonne pioche, s’il en fut ! Le coup de pied de réparation fut nonchalamment exécuté par Brahim Diaz qui osa un panenka. Mal lui en pris ! Le ballon échoua dans les bras du remarquable portier Edouard Mendy. Pour le malheur du tireur et celui de tout un peuple. En ratant ce penalty qui aurait offert la coupe au Maroc, Brahim Diaz ouvrait ainsi la voie aux prolongations qui leur seront fatales.Pauvre Diaz, héro maudit, s’il en est, lui qui avait jusque-là réussit une CAN presque parfaite, ponctuée par le titre de meilleur buteur de la compétition dont il recevra le trophée en larmes, sous les lazzis du public marocain. Ironie du sort, cette CAN, que tous s’accordent à reconnaître comme l’une de plus réussie, s’est terminée en eau de boudin.En réalité, si le gros incident du stade Prince Moulay Abdallah de Rabat est survenu, c’est qu’il y a eu presqu’un travail de conditionnement des esprits, notamment à travers les réseaux sociaux qui ont distillé la répugnante idée selon laquelle le pays hôte serait favorisé par un « arbitrage maison ».Une thèse complotiste reprise, hélas, par certains gourous du football africain, contribuant ainsi à propager et à enraciner un funeste préjugé.

 Et pourtant, on a beau être supporters du Sénégal, le penalty obtenu par le Maroc à la fatidique 96e minute est bel et bien justifié.

 Quel beau gâchis !

 

Alain Saint Robespierre 

 

 

 

(1)   Guerriers en Wolof 

 

(2)   Lions en Wolof

 

 

 

 

 

 

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La finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) a livré son verdict le dimanche 18 janvier 2026. Au terme d’une rencontre âprement disputée et marquée par la controverse dans les dernières minutes, le Sénégal a arraché la victoire en prolongation face au pays hôte, le Maroc, grâce à une réalisation de Pape Gueye, s’adjugeant ainsi la Dame Coupe.

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