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Mali: L’imam Dicko arrive, faites vos…

Il s’amuse avec le feu. Oui, l’Etat malien s’amuse avec le feu : en effet, en autorisant le prédicateur extrémiste Mahmoud Dicko à créer officiellement un mouvement politique, c’est une véritable boîte de Pandore qui vient d’être ouverte au Mali déjà en proie aux attaques meurtrières des fous d’Allah.

Comme il fallait s’y attendre, en décidant de créer la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), l’ancien président du Haut-Conseil islamique malien avait clairement affiché ses intentions politiques qui sont, il faut le dire, contraires aux valeurs républicaines et à la laïcité sur lesquelles est fondé le pays de Modibo Keita.

Pour s’en convaincre, intéressons-nous à celui dont la capacité de mobilisation inquiète et fait des envieux dans la classe politique malienne.

Celui qui a toujours surfé sur l’univers de l’islam sunnite s’était ouvertement opposé en 2009 au projet de code des personnes et de la famille présenté par le gouvernement malien et est même parvenu, grâce à une mobilisation record, à obtenir sa révision.

Après l’attaque du Radisson Blu de Bamako en 2015, il avait déclaré : « Les terroristes nous ont été envoyés par Dieu pour nous punir de la promotion de l’homosexualité importée par l’Occident et qui prospère dans notre société ».

En 2018, ce rigoriste wahabite formé en Mauritanie et en Arabie saoudite était également parvenu à faire reculer le gouvernement malien sur son projet de manuel scolaire sur l’éducation sexuelle.

N’est-il pas aussi celui-là qui a obtenu la tête de l’ancien PM Soumeylou Boubèye Maïga qu’il avait vertement tancé lors d’un rassemblement qui aurait connu la participation de près de 60 000 personnes ?

Alors c’est cet homme-là, connu pour son conservatisme et ses idées aux accents islamistes, qui est aujourd’hui en train de mobiliser ses ouailles pour monter à l’assaut du palais de Koulouba.

Il faut dire que, le week-end dernier, la CMAS a clairement exprimé son intention de participer aux prochaines élections, c’est-à-dire non seulement aux législatives, dont la date n’est pas encore connue, mais aussi à la présidentielle de 2023.

Et quand on connaît l’estime dont il jouit auprès des populations des villes et des campagnes, la candidature de Mahmoud Dicko est non seulement à prendre au sérieux, mais aussi à redouter au vu du projet de société qu’il porte.

On comprend qu’au regard de sa grande capacité de mobilisation, le gouvernement malien n’ait pas fermé les portes de l’arène politique à un tel personnage de peur de subir les foudres de ses fatwas.

Maintenant que le loup islamiste est dans la bergerie de la république, il faut faire avec et s’attendre à en subir les conséquences.

Et l’histoire politique du grand voisin algérien est toujours dans les mémoires, avec la création en 1989 du Front islamique du salut par deux prévaricateurs que sont Abbassi Madani et Ali Belhadj. Pour n’avoir pas su prévenir les risques de l’imiction du parti islamiste dans la scène politique, les autorités d’Alger ont dû se résoudre à jouer au pompier après l’incendie en annulant les législatives remportées par le FIS et en procédant à sa dissolution pure et simple en 1992. Hélas ! le mal était déjà fait, et la guerre civile qui s’en est suivie a déchiré le pays.

Espérons que l’histoire ne se répètera pas au Mali voisin.

 

H. Marie Ouédraogo

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Sadio Mané: Le faux bond d’un Ballon d’or

Les Sénégalais avaient mis les petits plats dans les grands, comme on dit : tapis rouge dès sa descente d’avion, bain de foule, cérémonie d’hommage au Musée des civilisations noires avec projection d’un film sur la vie ainsi que la carrière du Ballon d’or africain et, cerise sur le gâteau, une audience avec le président Macky Sall.

Il n’en a finalement rien été, alors qu’au lendemain de sa désignation en Egypte comme meilleur joueur africain de 2019, Sadio Mané devait faire un crochet à Dakar pour présenter son trophée et communier avec le peuple sénégalais. Le jet privé attendu sur la presqu’île a finalement mis le cap sur Liverpool. Raison officielle de cela, il n’aurait pas obtenu l’autorisation de faire escale à Tunis, selon la présidence sénégalaise. Grande fut donc la déception de ses nombreux fans, une déception à la hauteur de la liesse qui avait accueilli le sacre de l’enfant de Bambali qui a enfin décroché le graal du football africain après avoir été coiffé au poteau l’année dernière chez lui par Mohamed Salah.

Belle revanche donc, s’il en est, que vient malheureusement gâcher ce faux bond qui en fait n’a pas surpris les fins connaisseurs du milieu footballistique, lesquels rappellent, en effet, que Liverpool livre ce samedi un match important contre Tottenham de Jose Mourinho et que dans cette perspective le numéro 10 des «Reds»était attendu à l’entraînement hier dans l’après-midi. Quand on sait l’importance qu’il a dans le dispositif de Jürgen Klopp et même si l’équipe caracole en tête de la League avec 13 points d’avance sur Leicester, aucune rencontre n’est à prendre à la légère, et l’encadrement technique du club ne pouvait sans doute pas se payer le luxe de laisser un de ses sociétaires aller festoyer à Dakar. Le job avant tout.

Et n’oublions pas que c’est en grande partie grâce à ses performances individuelles et collectives en championnat que Sadio Mané vient d’étrenner le Ballon d’or africain. On peut donc comprendre que pour une fois il ait «marqué contre son camp», même si le faux bond sera difficile à encaisser par ses compatriotes.

Il faut dire que l’erreur des organisateurs de ces réjouissances et peut-être aussi de Mané lui-même aura été de nourrir de faux espoirs quant à un retour au pays au lendemain de la cérémonie alors que tous connaissent le calendrier démentiel auquel sont soumis les joueurs professionnels que leurs clubs refusaient, il y a encore peu, de libérer pour la Coupe d’Afrique des Nations. Certes, nous dit-on, le match de Dakar sera joué en différé, peut-être dimanche… inch Allah ! Mais comme toute retransmission avec un report même léger, il n’aura plus la même saveur que s’il avait été joué dans le feu de l’action. Car dans cette affaire foireuse, les plus à plaindre seront les victimes collatérales, vendeurs de sandwiches, d’eau glacée, de jus divers ou de café Touba qui, en raison de la ferveur des supporters venus accueillir leur Ballon d’or,  espéraient faire de bonnes affaires.

 

H. Marie Ouédraogo

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Les Humeurs de Barry : Emballo s’emballe trop vite

 

Le diplomatiquement incorrect, le fraîchement élu président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Emballo, en avait usé sans modération dans l’entre-deux campagnes, fustigeant la présence de la force de la CEDEAO dans son pays, lui conseillant d’aller voir ailleurs si l’eau n’est pas plus trouble et l’herbe plus flétrie, notamment au Burkina, au Mali ou au Niger, pays en proie au terrorisme. Mieux,  il s’en était vertement pris au président de la Guinée Conakry, Alpha Condé, qu’il a toujours accusé d’avoir tout fait pour qu’il ne soit pas président.

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Insécurité au Burkina : Cet incivisme qui alimente le terrorisme

L’année 2020 ne pouvait pas commencer plus mal pour le Burkina en matière de sécurité. 14 morts dont 7 élèves, 17 blessés dont 3 dans un état grave : c’est en effet le bilan macabre de l’explosion d’un car de transport causée par une mine artisanale sur l’axe Toéni/Tougan, dans la province du Sourou.

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Présidentielle bissau-guinéenne : Le chapeau ou le keffieh… à la tête du pays ?

De quel côté va pencher la balance électorale bissau-guinéenne ? Hier les 760 000 électeurs inscrits devaient en effet départager au second tour Domingos Simoes Pereira  et Umaro Sissoco Emballo, arrivés 1er et 2e avec respectivement 40, 13% et 27,65% des voix. Le premier, 56 ans, éternel chapeau sur la tête, est ingénieur en génie civil. Le second, 47 ans, est général de brigade de réserve et aime arborer un keffieh rouge et blanc.

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