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Regard sur l'actualité

Regard sur l'actualité (936)

RDC: L’imbroglio et l’introuvable cessez-le-feu encore et toujours !

 

La paix en RDC, depuis l’offensive du M23 en novembre 2021, est devenue une arlésienne. Les jours, les médiateurs, les initiatives passent, les annonces d’accord de paix, de cessez-le- feu aussi, sans que le sésame de la concorde s’ouvre pour cette région meurtrie du pays.

 

 

Une récurrence des hostilités qui mettent à mal les populations, l’économie, la coopération entre pays voisins mais aussi avec les entreprises locales et multinationales qui ne peuvent exécuter efficacement les contrats miniers dont elles sont détentrices. C’est à croire que même la toute puissante Amérique et son volontariste de président n’arrivent pas à faire entendre raison aux belligérants de cette sale guerre.

 

La faute à la multiplicité des protagonistes dans ce conflit, les uns plus hors la loi que les autres, sans foi dans aucune médiation qui leur enlèverait des mains les minerais ensanglantés dont ils font leurs choux gras et leur raison de prendre les armes. En effet, outre le gouvernement Félix Tshisekedi, celui de Paul Kagame, le M23 des Sultani Makenga, Jean Marie Runiga, Bertrand Bisimwa, etc., il y a d’autres protagonistes que l’on entend moins mais qui sont aussi nuisibles à la paix dans l’est de la RDC. On citera volontiers les miliciens Wazalendos, alliés des forces armées congolaises, et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple, pro M23. Quid des autres pays voisins, notamment le Burundi, qui accueillent beaucoup de réfugiés, a fermé sa frontière avec la RDC, et mis son armée en alerte permanente ?

 

La multiplicité des protagonistes et antagonistes dans cette crise explique que les nombreux accords de paix signés depuis 2013 fassent long feu. Il est vrai que si les principaux antagonistes du conflit que sont la RDC et le Rwanda se donnaient sincèrement la main pour faire la paix, leur accord pourrait avoir un effet domino sur les autres protagonistes. Hélas, on n’en est pas encore là et ce n’est pas demain la veille que Kinshasa et Kigali fumeront le calumet de la paix.

 

On en voudrait pour preuve cet échec de la dernière initiative du président sortant de l’Union africaine, Joao Lourenço d’Angola. Mercredi dernier, à l’issue d’une réunion convoquée avec l’appui du comité Ad hoc de l’organisation continentale, dont font partie le président togolais et l’ancien président du Nigeria Olesegun Obasanjo, les délégations congolaise, rwandaise et des rebelles du M23 annonçaient un cessez-le-feu. Malgré les bonnes dispositions du président Félix Tshisekedi pour son application, les armes continuent de crépiter à Bukavu, obligeant le Burundi à garder ses frontières fermées au grand dam des populations frontalières.

 

C’est en tout cas le constat amer fait par le gouverneur pro-Kinshasa de la région du Sud-Kivu qui, au cours d’une visite à Bukavu, a dit sa frustration. Pour lui, il y a « un sentiment d'impuissance face à cette souffrance. Nous voulions que la province, la frontière soit ouverte le plus rapidement possible. Mais il y a aussi des impératifs sécuritaires liés à la réalité des deux pays. Il faut savoir que l'ennemi n'est pas si loin que ça. Il est ici à 30 km, dans les hauteurs. »

 

Tout est dit et pour la paix en RDC, médiateurs, facilitateurs, et plus encore le citoyen lambda, peuvent continuer de ronger leurs freins !

 

 

 

Zéphirin Kpoda

 

 

 

     

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Suspension des réseaux sociaux : Le remède ne s'avère-t-il pas pire que le mal?

 

Par décision de la Haute Autorité de la Communication, le Gabon a décidé, le 17 février 2026, de la “suspension immédiate” des réseaux sociaux. Et jusqu'à l'heure où nous écrivons, la suspension n'est pas levée. Les raisons selon la HAC, c’est que "les plateformes numériques et les réseaux sociaux sont abusivement utilisés par certains activistes pour porter atteinte à l'honneur et à la réputation d'institutions, de citoyens gabonais et de personnalités publiques, en violation des lois en vigueur au Gabon".

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Axe Paris-Alger : le premier flic de France en opération de déminage

Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, est depuis hier à Alger pour une visite officielle de deux jours. Quand on voit les différentes frictions, voire les conflits larvés ou ouverts qui ont jalonné les relations franco-algériennes, ne relève pas de l’épiphénomène cette visite du premier flic de France. Cela fait quand même quatre ans qu'un locataire du ministère sis Place Beauvau à Paris n’avait séjourné dans la patrie de Boumedienne.

 

Et ça tombe bien, surtout que les sujets de frictions et les malentendus n'ont jamais manqué entre ces deux pays qui ont toujours joué au « Je t'aime ; moi non plus ». Pouvait-il en être autrement avec le siècle de joug colonial, suivi d'une guerre d'indépendance meurtrière ? Fort heureusement, les Accords d'Evian (18 mars 1962) sont passés par là, ce qui mit fin à plus de sept ans d'affrontements violents entre insurgés algériens et armée française et aboutit à l'indépendance de l'Algérie après 132 ans de colonisation française.

 

L'agenda du ministre de l'Intérieur français sera en tous les cas chargé, surtout que ces dernières années, de nouveaux contentieux sont nés et cherchent à être réglés avec le pays hôte. On peut citer, entre autres, l'acceptation par Paris de la marocanité du Sahara occidental, ce qui a grandement détérioré les relations depuis 2024, la mise en examen d’un agent consulaire algérien en France, suivie de l’expulsion de douze agents de l’ambassade française à Alger quelques jours plus tard.

 

Sans oublier que le visiteur de marque profitera également plaider la cause du journaliste sportif Christophe Gleizes, condamné à 7 ans de prison et détenu en Algérie depuis mai 2024. En rappel, en mai 2024, il avait été arrêté à Tizi Ouzou puis placé sous contrôle judiciaire avec une interdiction de quitter le pays. Il lui est reproché d'avoir échangé plusieurs années plus tôt avec le responsable du club Jeunesse sportive de Kabylie, par ailleurs un des responsables du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie, organisation classée comme terroriste par les autorités.

 

La rencontre étant surtout à l'initiative de la partie algérienne, les deux pays n'ont pas intérêt à se fâcher durablement eu égard aux différents enjeux, notamment la présence d'une forte communauté algérienne en France et la dépendance de l'Hexagone au gaz algérien. Il est vrai que Paris a toujours tenté de tourner le dos au gaz algérien mais cette décision s'est toujours révélée très coûteuse.

 

A considérer donc la sensibilité des sujets à traiter, on espère que le ministre Nuñez reviendra vivant de cette opération de déminage.

 

 

 

Issa K. Barry

 

 

 

 

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Tournées président RDC : Fatshi, dindon d’une farce diplomatique ?

 

 

Qu’est-ce qui fait donc courir Félix Tshisekedi ? La recherche de la paix, évidemment, pour son immense et ingouvernable pays, en proie à des rébellions cycliques. Rien que depuis le début de l’année, il a effectué pas moins de six voyages à l’étranger, avalant les kilomètres dans une quête de la concorde sociopolitique qui, hélas, se dérobe telle la ligne d’horizon au fur et à mesure qu’on semble s’en approcher.

 

Dernier déplacement en date de ce globe-trotter de la paix, l'Angola où le président de la République démocratique du Congo s’est (de nouveau) rendu le lundi 9 février 2026 pour rencontrer son homologue Joao Lourenço, par ailleurs président en exercice de l’Union africaine. Etaient également présents le président du Conseil des ministres togolais, Faure Eyadéma, médiateur attitré de l’Organisation panafricaine dans cette crise congolaise et l’ancien chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, membre du Panel des Facilitateurs de l’UA.

 

A l’ordre du jour de ce nouveau conclave de Luanda, le dialogue national initié par Fatshi pour renouer le fil rompu avec ceux de ses compatriotes avec lesquels il est en délicatesse et qui sont même parfois en rupture de ban avec la République. Un ‘’dialogue inclusif’’ mais néanmoins sous certaines conditions : il doit se tenir sur le sol congolais, sous la conduite des institutions républicaines et ‘’ne saurait servir à relativiser une agression ni à diluer des responsabilités déjà établies’’. Suivez mon regard ! C’est à se demander donc si l’initiative n’est pas mort-née à moins que l’initiateur ne mette un peu d’eau dans son vin ou que les médecins de Luanda ne réalisent des miracles pour emmener tout le monde autour de la table. On peut certes comprendre la répulsion du premier magistrat congolais à discuter avec ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays et souvent coupables de crimes de guerre mais, sauf à vouloir un entre-soi politique, pour trouver la paix, on ne discute qu’avec ses adversaires voire ses ennemis. De ce fait, posez des balises contraignantes qui excluent une partie du problème est le plus sûr moyen, si la rencontre a lieu un jour, de ne pas obtenir des résultats probants susceptibles de mener à une paix durable.

 

Cela d’autant plus que les arrangements politiques n’ont jusque-là, pas produit les effets escomptés, les immenses déceptions alternant invariablement avec les espoirs consécutifs aux signatures. Il en est ainsi de l’Accord de Doha signé le 15 novembre 2025 entre le gouvernement et la rébellion de l’AFC/M23 et des Accords de Washington du 4 décembre 2025 (entre Tshisekedi et Kagamé) qui étaient autant de coups d’épée dans le Fleuve Congo. Sans surprise en réalité. Entre la mauvaise foi et le cynisme de Paul Kagamé, le parrain rwandais de l’AFC/M23, qui a fini par avouer la guerre de rapines qu’il mène depuis des lustres dans l’Est du Congo et l’esprit vénal de Donald Trump, le négociateur américain, qui pense aux immenses richesses du Congo en se rasant tous les matins, Félix Tshisekedi est ainsi devenu le dindon d’une farce diplomatique et géostratégique qui ne fait plus rire personne. Sauf peut-être les marionnettistes qui tirent les ficelles dans l’ombre. Cela, pour le malheur de ce géant aux pieds d’argile, victime, depuis la colonisation belge, des trésors incommensurables de son sol et de son sous-sol qui attisent toutes les convoitises.

 

 

 

Ousseni Ilboudo

 

 

 

 

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AGOA new look : La solution d’urgence en attendant la réforme profonde

 

L’an 2 de Trump II sera-t-il aussi boulimique en politique spectacle que l’an 1 ? Ou au contraire va-t-on assister à une méthode plus conventionnelle de l’administration Donald Trump dans la gestion des Etats-Unis ?

S’il est trop tôt pour avoir une bonne lisibilité de cette perspective, il y a néanmoins quelques signaux tendanciels. On peut y ranger : la mise à l’écart depuis le 28 mai 2025 d’Elon Musk, ex-‘’Collaborateur spécial du gouvernement’’ à la tête du controversé Département de l’Efficacité gouvernementale, dissous à la fin novembre dernier ; l’annonce ce 4 février du retrait de Minneapolis de 700 policiers qui travaillaient à l’application draconienne des lois sur l’immigration et les nouvelles taxes douanières. Une décision qui intervient après le meurtre par des policiers de 2 personnes dans cette ville, dénoncé par des grandes manifestations de rue ; la prolongation d’un an, avec effets rétroactifs de l’AGOA, l’accord commercial privilégié des Etats-Unis avec une trentaine de pays africains pour favoriser leurs exportations vers l’Amérique.

Ce sont là des décisions qui indiquent que l’Administration Trump lève quelque peu le pied de l’accélérateur de sa politique du tout MAGA, make America great again. C’est l’occupant du Bureau ovale lui-même qui le laisse entendre quand il déclare à propos du retrait des 700 policiers de Minneapolis : ‘’j’ai appris qu’une approche plus délicate pourrait être utile’’ en matière de politique migratoire. Et pourquoi pas ailleurs, notamment en matière de politique commerciale et de coopération avec les pays africains ?

Le new Donald Trump en germination explique certainement la reconduction de l’African growth and opportunity Act (AGOA) ou Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique, ce programme de préférence commerciale initié en 2000 par Bill Clinton et prolongé de 10 ans par Barack Obama en 2015. Arrivé au terme de cette prolongation, ce programme était dans un état comateux, végétant entre fin définitive et relance audacieuse.

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Intervention américaine au Nigeria : Rambo débarque... mais attention au terrain miné !

 

Après les frappes aériennes, sous prétexte de lutter contre les djihadistes pour protéger les chrétiens fin décembre dernier, les Etats-Unis et le Nigeria ont décidé d'une collaboration accrue qui doit conduire à la participation d'une équipe militaire américaine sur le terrain. Celle-ci apportera des compétences uniques afin de renforcer les efforts déployés par le Nigeria depuis plusieurs années, notamment contre Boko Haram.

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Est de la RDC : L'impossible paix

 

Le 27 janvier 2026, cela fait un an que Goma, la capitale du Nord-Kivu située en face du Rwanda, est tombée sous les coups de boutoir de l’AFC/M23 (Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars). Ensuite, d'autres villes sont tombées dans l'escarcelle de cette alliance rebelle, comme Bukavu, Uvira ou Bunagana, sans oublier l'emprise du M23 sur de nombreux sites miniers aux alentours des zones occupées.

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Présidentielle en Guinée-Bissau : Le 6 décembre prochain... sans le général ?

 

Les choses se précisent en Guinée-Bissau. Les élections présidentielle et législatives auront lieu le 6 décembre 2026. C'est par un décret du 21 janvier que le général Horta N’Tam, l'homme fort du pays, a annoncé la nouvelle.
 Et ce, suite à des pressions tous azimuts, notamment de la CEDEAO qui, par le truchement de plusieurs missions dans le pays, a toujours exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat du 26 novembre.

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Premier ministère ivoirien : Beugré Mambé ou la rançon de la loyauté

 

Finies les élections, place maintenant à la reconfiguration de l’échiquier politique ivoirien. Dans ce jeu de chaises musicales, il y a ceux qui gagnent et ceux qui perdent. Parmi les grands perdants, il y a notamment Adama Bictogo, tombé du Perchoir où il a été remplacé par un autre fidèle d’Alassane Dramane Ouattara (ADO), en l’occurrence Patrick Achi, qui confirme sa proximité avec le locataire du palais de Cocody. Autre gagnant de cette nouvelle donne politique, Dr Beugré Mambé. Nommé une première fois le lundi 16 octobre 2023 et reconduit le 21 janvier 2026.

 

Après la réélection pour un quatrième et dernier mandat d’ADO, nombreux sont ceux qui se demandaient s’il continuerait ou s’il aurait droit à une retraite politique. Spécialiste des infrastructures, il avait repris le portefeuille des Sports, se chargeant directement de l’organisation de la  CAN 2023, la coupe d’Afrique des nations qui s’est jouée en Côte d’Ivoire en 2024. Ingénieur général en génie civil formé aux mathématiques supérieures et spéciales, Dr Beugré Mambé a notamment participé à la conception et au calcul de nombreux ponts et ouvrages structurants, tant à Abidjan qu’à l’intérieur du pays.

 

Figure centrale de la vie institutionnelle ivoirienne, il a été président de la Commission électorale indépendante, gouverneur du District autonome d’Abidjan avec rang de ministre-gouverneur. Il a aussi joué un rôle clé dans l’organisation des 8es Jeux de la Francophonie en qualité de ministre auprès du président de la République. Militant du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Dr Beugré Mambé fut vice-président du parti, membre du conseil politique et directeur national de campagne en 2025. Il a été aussi député de Songon et tête de liste RHDP victorieuse aux élections municipales de 2023…

 

Quelque part, c’est la rançon de la fidélité et de la loyauté. Si le choix d’ADO s’est de nouveau porté sur ce technocrate, c’est aussi parce qu’il y a peu de risques qu’il fasse de l’ombre au président de la République. A cela s’ajoute le fait qu’à 74 ans, on doute fort qu’il ait quelqu’ambitions présidentielles.

 

Ce mandat étant le dernier d’Alassane Ouattara, nul doute que la guerre des héritiers va faire rage. Elle commencera un peu plus tôt qu’on ne le pense. Il était risqué pour ADO de mettre un jeune qui pourrait se découvrir un destin présidentiel. Ce qui ne risque pas d’arriver avec Dr Beugré Mambé.

 

Reste maintenant à découvrir la configuration de la nouvelle équipe gouvernementale pour mesurer le degré de changement. Changement ou pas, ADO entend imprimer sa marque à son dernier mandat.      

 

                                      

 

D. Evariste Ouédraogo

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