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Présidentielle en Ouganda : Les Bazukulu aboient, Sevo passe

 

Lors de la précédente présidentielle en 2017, quand on avait évoqué la possibilité pour le président ougandais de prendre une retraite bien méritée et de goûter enfin aux délices de la chaise longue dans sa ferme, il avait répondu : « Comment puis-je quitter une plantation de bananes que j’ai cultivée et qui a commencé à porter ses fruits ? » C’est dire que Yoweri Museveni, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas près d’abandonner le pouvoir de si tôt. La preuve, la limitation du nombre de mandats à deux a été supprimée en 2005 et le verrou d’âge, qui était de 75 ans, a été sauté en 2017. Et gare au trouble-fête qui aurait l’audace de lui dire que trop, c’est trop.

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Centrafrique: De l’urgence de traiter le cas Bozizé

Ce mercredi 13 janvier 2021, les habitants ont été réveillés au son de la canonnière. Dès 6h, la coalition des groupes rebelles formée il y a environ un mois a attaqué la capitale centrafricaine à ses entrées nord et ouest. Une évolution considérable de la situation, puisque c’est la première fois que des combats ont lieu dans les faubourgs de Bangui à grand renfort d’armes lourdes. Bilan naturellement invérifiable donné par le Premier ministre, Firmin Ngrebada : 30 assaillants tués et 5 éléments capturés. Mais le décompte reste muet pour ce qui est des pertes du côté des forces armées centrafricaines et de leurs alliés.

Après une accalmie, les affrontements ont repris en début d’après-midi. Pour le moment, Bangui plie mais ne rompt pas, les assauts ayant été repoussés par l’armée soutenue par la Minusca et leurs alliés russes. Mais jusqu’à quand vont-ils tenir ? D’autant plus que le conflit est en train de prendre une dimension asymétrique avec des rebelles qui infiltrent la ville par petits groupes avant de se regrouper pour mieux agir…

Faustin Archange Touadéra, réélu dans des circonstances on ne peut plus troubles le 27 décembre 2020, n’aura même pas eu le temps de prêter serment que le voici contraint de défendre la petite portion du territoire centrafricain encore sous sa juridiction, l’essentiel du territoire étant depuis belle lurette sous la coupe des groupes rebelles qui y règnent en véritables seigneurs de guerre.

Mais la vraie question que l’on doit se poser, c’est : jusqu’à quand la Centrafrique et ses alliés français, russes, rwandais et onusiens vont-ils laisser François Bozizé semer le chaos dans ce pays martyre ? Car le vrai problème de la Centrafrique aujourd’hui, c’est l’ex-président, leader de la « Convergence nationale Kwa na kwa » dont le soutien à la coalition rebelle ne fait plus aucun doute. Il a suffi, en effet, que sa candidature à la présidentielle soit invalidée le 3 décembre 2020 par la juridiction compétente pour que des hordes de bandits qui semblaient assoupies dans une situation de ni guerre ni paix se réveillent brusquement pour le plus grand malheur des Centrafricains.

C’est à se demander si l’Archange Touadéra n’a pas fait preuve de faiblesse dans le traitement du cas Bozizé en le laissant d’abord revenir au bercail sans jamais activer la machine judiciaire, puisqu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis sa fuite en 2013. Au lieu de quoi, on a laissé le renégat semer de nouveau la mauvaise graine de la discorde et de l’instabilité. Le septuagénaire, nourri par une volonté malsaine de revanche, est, depuis sa première tentative de putsch en 1982, l’une des principales causes des tourments des Centrafricains, multipliant coups d’Etat et actes de sédition entre deux exils, tantôt au Togo, au Tchad ou au Cameroun. Et tant que son cas ne sera pas traité à la hauteur du danger qu’il représente, le pays ne connaîtra jamais la paix.

 

H. Marie Ouédraogo

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Jean Yves Le Drian à Kosyam : Les questions sécuritaires au Sahel comme plat de résistance

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a été reçu en audience par le président Roch Marc Christian Kaboré dans l’après-midi du 8 janvier 2021 à Kosyam. Au sortir de son « entretien assez long », le chef de la diplomatie française a dit être venu d’abord féliciter de vive voix le chef de l’Etat pour sa réélection, ensuite réitérer la détermination de la France à accompagner le Burkina la sécurité ainsi que dans sa politique de développement économique et social et enfin parler de coopération régionale et sécuritaire au Sahel.  

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Reconduction Christophe Dabiré à la Primature: « Der alter » pour l’impératif de réconciliation nationale ?

Ça avait  été déjà une grande surprise quand, le  21 janvier 2019, il avait été tiré de sa retraite douillette pour prendre la tête du gouvernement burkinabè en remplacement de Paul Kaba Thiéba.  Dans un Burkina tourmenté par le terrorisme qui ne cessait de gagner du terrain, quelle poigne, se demandaient en effet nombre de Burkinabè, pouvait avoir un  homme certes expérimenté pour avoir été plusieurs fois ministre (Santé, Enseignement supérieur), député puis commissaire à l’UEMOA  mais qui, à 71 ans, avait plutôt son avenir, politique notamment,  derrière lui. Pour ne rien arranger, la petite larme qu’il a  écrasée  sous le poids de l’émotion lors de sa déclaration de politique générale le 18 février 2019 devant l’Assemblée nationale avait fini de convaincre même les plus charitables à son endroit que la fonction était bien trop lourde pour de si frêles épaules.

 Pour cette raison donc, pensaient-ils, Christophe  Marie Joseph Dabiré ne pouvait qu’être un Premier ministre de transition, juste pour accompagner le président Roch Marc Christian Kaboré jusqu’aux élections. A tort ; puisque après avoir rendu sa démission et celle de son gouvernement le 30 décembre 2020, le PM a été reconduit le mardi 5 janvier 2021. Nouvelle  surprise donc, même si ceux qui sont dans le secret des dieux affirmaient ces derniers jours que son maintien était dans l’ordre du possible.

Puisque seul celui qui l’a nommé sait pourquoi il l’a fait, on ne peut que conjecturer sur ses motivations réelles ou supposées. Il faut croire en tout cas  que la copie que « der alter » (1)  a rendue ces deux dernières années  était parfaite au point qu’il mérite que son mandant lui renouvelle sa confiance à 73 ans. Il est vrai qu’à cet âge,  puisque vieillesse rime avec sagesse,  le septuagénaire, connu pour son calme et sa pondération, peut être un atout majeur pour le président du Faso  dans la perspective de l’œuvre de réconciliation nationale sous le signe de laquelle il veut placer les premiers mois de son dernier mandat. Pour sûr, son sens de la mesure et sa capacité d’écoute ne seront pas de trop pour rapprocher des positions tranchées depuis la chute de Blaise Compaoré en octobre 2014.

L’autre raison qui a pu présider au maintien du natif de Wizin à Dissin, dans le Sud-Ouest, c’est qu’il ne dérange et ne fait de l’ombre à personne et  il n’a  certainement pas d’ambition présidentielle alors que la nomination à la Primature d’un jeune loup, par exemple, qui aurait de l’épaisseur aurait pu  acérer davantage ses dents et ouvrir plus tôt que prévu l’inévitable guerre des appétits  pour  succéder à l’enfant de Tuiré.  Le chef de l’Etat aurait ainsi choisi de différer la bagarre pour ne pas polluer tout de suite le début de son ultime quinquennat.

Il n’est pas non plus interdit de penser que le renouvellement du contrat du chef du gouvernement est dû à la difficulté de trouver, à l’Ouest particulièrement, un oiseau rare suffisamment consensuel, en tout cas qui aurait eu l’aval des grands décideurs de la majorité, surtout de Roch et de Simon dont on dit qu’ils n’étaient pas sur la même longueur d’ondes sur le sujet. Alors, on  décide de prolonger  le bail de Dabiré, le temps de voir venir comme on dit.

En attendant, maintenant que Roch a choisi de ne pas choisir un nouveau PM, on est impatient de connaître  d’ici le week-end le visage de la première équipe Dabiré II pour voir véritablement la direction que va prendre l’entame de son nouveau et dernier bail à Kosyam.

 

Ousséni Ilboudo

 

(1) « Le vieux » en allemand          

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Résultats présidentielle nigérienne : Vers le coup K.O. de Bazoum ?

 

24 heures après la tenue des élections législatives et présidentielle du 27 décembre 2020, les Nigériens étaient toujours dans l’attente hier des résultats provisoires. Dimanche, dès la fermeture des urnes, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait commencé la compilation des données des 26 000 bureaux de vote disséminés sur ce vaste territoire de 1,2 million de kilomètres carrés,  et elle avait entamé lundi leur publication à dose homéopathique.

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